Le monde fantastique de la toupie

Eran Grebler est un artiste israélien pas comme les autres. Depuis plus de trente ans, il s’est pris de passion pour les toupies dont il a fait son métier, sa spécialité. Découverte d’un céramiste qui tourne bien rond.

Depuis quand réalisez-vous des toupies ?
Eran Grebler : Cela fait 32 ans. Tout a commencé à Holon, après mes études d’art. J’ai débuté en créant du judaica pour des clients américains : mezouzot, hanoukiot, plats de Pessah, etc. Puis, je me suis demandé comment allier humour et céramique. C’est ainsi que pour jouer, inventer et s’amuser en même temps, j’ai choisi les toupies. Depuis 15 ans, je ne me consacre plus qu’à elles.

Où cherchez-vous votre inspiration ?
Eran Grebler : De tout. Dès que me vient une pensée, je la note sur un carnet que je garde près de mon lit. Parfois ce sont mes enfants qui reviennent de l’école avec des idées. Ainsi, je conçois toutes sortes de toupies, pas seulement pour Hanoukka mais aussi pour tous les jours de l’année. Les décoratives peuvent être en forme de carrousel, d’avion, de voitures, d’animaux, de jeu d’échec, de luna-park, de personnages. Les humoristiques, elles, affichent les expressions typiques des mères polonaises. D’autres encore, plus pragmatiques, ont un emploi bien déterminé. Par exemple, sur celle destinée aux hommes en manque d’inspiration sont inscrites les phrases que les femmes aimeraient entendre de leur conjoint. Sinon la toupie à bénédictions promet suivant le même principe, chance, santé, bonheur, etc. Ou enfin, la domestique qui choisit pour les enfants les tâches ménagères à effectuer dans la maison. Je pense même aux personnes au régime qui ont faim et se demandent quoi grignoter. Il suffit de faire tourner le carrousel pour recevoir des conseils ou connaître le nombre de calories des aliments.

Combien de temps vous faut-il pour concevoir une toupie ?
Eran Grebler : Environ deux semaines entre l’idée de départ et sa finition. Chaque modèle est réalisé artisanalement en céramique et métal, puis peint à la main.

Chaque spécimen a-t-il une histoire spécifique ?
Eran Grebler : Bien sûr. Par exemple, lorsque j’étais à Barcelone, j’ai visité les monuments de Gaudi. Cela m’a inspiré pour créer une toupie en mosaïque imitant l’artiste espagnol. D’autres modèles sont influencés par le sport ou même par l’actualité. Il n’y a pas de limite. Mais tous sont du « fabriqué en Israel ».

Travaillez-vous aussi sur commande ?
Eran Grebler : Non car c’est compliqué. Par contre, il arrive qu’un client me donne des idées. Si je les trouve bonnes, je les réalise. Cela m’est arrivé d’envoyer un exemplaire en cadeau à la personne qui m’a suggéré un modèle.

Pourquoi avoir fondé une « Maison de la toupie » ?
Eran Grebler : Pour exposer mon travail. Pendant 10 ans, la galerie de Césarée a attiré de nombreux visiteurs étrangers et israéliens. Elle comptait plus de 800 modèles. Sa particularité était de non seulement vendre des toupies mais aussi de permettre aux clients de jouer avec, de les faire tourner. Ainsi, chacun pouvait trouver la sienne. Actuellement, le magasin est fermé pour cause de déménagement sur Tel-Aviv. Il rouvrira en janvier prochain dans le quartier Sarona, en face des tours Azrieli, dans une ancienne maison de Templiers rénovée.

Avez-vous un lien plus particulier avec la fête de Hanoukka ?
Eran Grebler : Du côté de ma mère, son nom de famille est « Hanoh », inaugurer, comme Hanoukka. Du côté de mon père, le patronyme de Grebler veut dire « réparateur de roues de chariots ». Il était donc « naturel » que j’en vienne à fabriquer des toupies…

Petit, aimiez-vous déjà les toupies ?
Eran Grebler : Bien sûr, comme tous les enfants. Mais moi, j’en ai fait mon métier.


Noémie Grynberg 2013

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Date de dernière mise à jour : 07/12/2013

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