Bilan de l’antisémitisme 2014

Tristement, l’année 2014 aura connu nombre d’incidents antisémites/anti-israéliens. Voici par pays, le récapitulatif mondial – non exhaustif - de cette funeste chronologie.

Pour commencer, aux Etats-Unis, Frazier Glenn Cross Jr., ancien membre du KKK, tire sur le centre communautaire juif dans la banlieue de Kansas City, juste avant Pessah, faisant 3 morts, tous non Juifs. Il indique plus tard à un journaliste « je voulait être vraiment sûr d’avoir tué des Juifs ... avant de mourir. »
A l’échelle nationale, la campagne de diabolisation et de délégitimation d’Israël se poursuit dans la sphère diplomatique, religieuse et universitaire à travers le pays. De nombreux académiques utilisent leurs positions pour clouer au pilori Israël et étiqueter l'Etat juif comme « une erreur colonialiste. » Ainsi mi décembre, Steven Salaita, un professeur Palestino-américain de l'Université de l'Illinois, blâme les Juifs pour l'antisémitisme et appelle à la destruction d'Israël ainsi qu’à la « décolonisation de l'Amérique. »

Le pire incident anti-juif de l'année a lieu en Belgique : l’attentat terroriste du Musé juif de Bruxelles, le samedi 24 mai 2014. Le djihadiste Mehdi Nemmouche, Musée juif BxlFrançais d'origine algérienne, soupçonné d'avoir rejoint l'État islamique en Irak et au Levant, abat quatre personnes dont un couple de touristes israéliens, à l'aide d'un revolver puis d'un fusil d'assaut. En été, suite à l'opération israélienne Roc Solide contre le Hamas à Gaza, des manifestants scandent « Mort aux juifs » dans les rues de Bruxelles et d'Anvers. Plus de cent actes antisémites sont commis dans le pays. Comme fin juillet à Anvers : un médecin refuse de soigner Bertha Klein, une retraitée juive de 90 ans souffrant d’une fracture de la côte. Par téléphone, le praticien dit à son fils : « envoyez-la à Gaza quelques heures, cela la débarrassera de la douleur. Je ne viens pas », avant de raccrocher.

En 2014, Israel se voit aussi à nouveau le théâtre de graves violences. D’abord en juin, trois adolescents du Goush Etsion, Naftali Frankel, 16 ans, Gilad Shaer, 16 ans, et Eyal Yifrah, 19 ans, sont enlevés par des Palestiniens alors qu’ils font du stop. Deux semaines plus tard, leurs corps sont retrouvés enterrés dans un champ près de Hébron. En représailles, le premier ministre Benyamin Netanyahou déclenche l’opération Roc Solide à Gaza contre le Hamas.
Le 22 octobre à Jérusalem, un jeune Palestinien membre du Hamas lance sa voiture sur un groupe d’israéliens à un arrêt de tramway. L’attentat tue un bébé de trois mois et fait six blessés. Le 18 novembre, deux terroristes palestiniens de la capitale font irruption dans la synagogue Kehilat Bnai Torah de Har Nof, à l’heure de la prière matinale. Armés de fusils et criant « Allahu Akbar », ils tirent sans discernement sur les fidèles en talit, tefillin au bras. L’attentat fait quatre morts. L’acte barbare est salué le lendemain par les députés jordaniens qui observent une minute de silence à la mémoire des deux assassins, tués par les forces israéliennes.
Le soir du 24 novembre, une nouvelle fois, deux étudiants de yeshiva sont poignardés par un arabe dans la Vieille Ville de Jérusalem. Ils sont transférés à l’hôpital Shaare Zedek.

En France, les actes antisémites ont augmenté de 91 % ces 12 derniers mois. Parmi les incidents marquants, le 14 juin, après shabbat, des projectiles sont lancés dans la cour de la synagogue de Garges-lès-Gonesse où se trouvent encore de nombreuses familles avec enfants : pierres, planches, pétards volent en direction des fidèles. Un mois plus tard, près de la place de la Bastille, la synagogue de la Roquette est attaquée par une centaine de jeunes, le 13 juillet. Une semaine après, la manifestation pro-palestinienne interdite à Sarcelles dégénère en émeute antisémite. Le 20 juillet, les protestataires musulmans attaquent une synagogue et une épicerie casher.
Le 1e décembre à Créteil, un jeune couple est violemment attaqué chez lui. « Dites-nous où vous cachez l'argent. Vous les Juifs avez toujours de argent » dit l'un des assaillants.
Entre le 24 et le 26 décembre, le 19e arrondissement de Paris est touché par une série d’actes à caractère antisémite. C’est d’abord la synagogue rue André Danjon qui est frappée par un tir de pistolet à air comprimé. Même mode opératoire contre le restaurant casher Al Haeche, rue Manin. Puis, c’est au tour de l’imprimerie HM, rue de Hautpoul, d’être visée.

Début août, en Hongrie, le Maire d’extrême droite d’Erpatek (est du pays), Mihaly Zoltan Orosz, pend en public les effigies du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et de l’ancien président Shimon Peres, avec pour ce dernier la mention : « Je suis un criminel de guerre, génocidaire bâtard, c’est pourquoi je reçois mon juste punition, la mort par pendaison ! Je vais à mon maître, à Satan, parce que l'enfer m’attend ! ». Orosz déclare aux journalistes que « l'Etat terroriste juif » essaye d'anéantir la Palestine et qu’il s’oppose à ce que « les efforts des francs-maçons gouvernent le monde. » Globalement, la tendance politique de la Hongrie s’est nettement déplacée vers l'extrême droite et de nombreuses personnalités fasciste de la Seconde Guerre mondiale sont en cours de réhabilitation et célébré comme des héros. Quant au parti antisémite Jobbik, il continue son ascension politique et sociale.

Au Royaume-Uni, au-delà des insultes, des menaces et des actes de vandalisme engendrés cet été par le conflit à Gaza, l'antisémitisme classique se réveille, notamment dans le monde du football.
En septembre, sept jeunes portant l'uniforme de l'Académie Yavneh se voient refuser l'entrée d’un magasin d'articles de sport dans le Hertfordshire (au nord de Londres) par un garde de sécurité leur disant « Pas de Juifs, pas de Juifs. »  La chaîne de magasins a finalement présenté ses excuses et a licencié le surveillant.

Le même mois en Turquie, le journaliste Faruk Köse propose de réactualiser les anciennes taxes spéciales imposées aux Juifs, pour payer les dommages causés par Tsahal à Gaza durant l’été. Selon l’auteur, le défaut de paiement devrait conduire à une révocation de la licence d'exploitation et à la saisie des biens du propriétaire. Auparavant, Köse a écrit une lettre ouverte au grand rabbin de Turquie, Isak Haleva, dans laquelle il exhorte le Premier ministre turc Recep Erdogan d’exiger de la communauté juive des excuses pour les actions d'Israël dans le fief du Hamas. « Vous êtes venus ici après avoir été bannis d'Espagne. Vous avez vécu confortablement parmi nous depuis 500 ans et êtes devenus riche à nos frais. Est-ce votre gratitude – tuer des Musulmans ? Erdogan, demande que le leader de la communauté s’excuse ! » « Si vous revendiquez votre identité « juive » et commencez à massacrer mes frères musulmans... j’ai le droit de demander ‘œil pour œil’ », a menacé Köse. « La base de la terreur juive sioniste qu’est Israël continue de faire de Gaza un enfer avec son génocide » continue-t-il. « Alors bien sûr, certains ont envie de dire ‘Dieu bénisse Hitler !’ ». Mi décembre, les Juifs de Turquie sont également choqués par un appel du gouverneur d’Edirne (limitrophe de la Bulgarie et de la Grèce), Dursun Sahin, condamnant les services religieux dans la synagogue historique Buyuk, sous prétexte qu’elle devrait être transformée en musée. Après les protestations internationales contre ces propos, Sahin se rétracte.

GraffitiEn Allemagne, le 10 novembre dernier, la gauche invite Max Blumenthal et David Sheen, deux détracteurs notoires d’Israël, pour présenter une « conférence d’expert » dans la salle de réunion du parti au Bundestag, au lendemain la commémoration de l'anniversaire de la Nuit de Cristal, pogrom de 1938 lors duquel les nazis ont brûlé les synagogues à travers toute l'Allemagne. Ces actions visant à diaboliser Israël émanent d’un groupe de députés anti-israéliens extrêmes, dirigé par Inge Höger et Annette Groth, deux parlementaires ayant participé à la flottille Mavi Marmara vers Gaza en 2010. Ce groupe joue un rôle crucial dans l’attisement de la haine d'Israël. En réponse à la conférence, une pétition signée par l'aile réformatrice des députés de gauche, a affirmé : « En attisant la haine obsessionnelle et la diabolisation d’Israël, les membres de notre parti à des postes de responsabilité font la promotion de l'argumentaire antisémite, relativisent l'Holocauste et la responsabilité allemande dans l'extermination de millions de Juifs européens ».

Enfin en Suède, les Juifs sont la cible d’actes haineux de la part des extrémistes musulmans mais les autorités prennent rarement, voire jamais, de mesures contre les auteurs. Pour leur part, les personnalités politiques justifient souvent leur sentiment anti-juif par l’excuse du conflit israélo-palestinien.
Du côté de l'extrême droite, le secrétaire du parti des Démocrates Suédois, la troisième plus grande formation politique du pays, affirme que les Juifs ne peuvent pas être de « vrais Suédois » s’ils continuaient à se définir comme tels. Mi décembre, Bjorn Soder déclare que les minorités devaient « s’assimiler pour devenir Suédois. » « Je pense que la plupart des gens d’origine juive qui sont devenus Suédois ont laissé leur identité derrière eux. Mais s’ils ne le font pas, cela ne doit pas devenir un problème. »


Noémie Grynberg 2014

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Commentaires (1)

dudu

les pauvres juifs

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Date de dernière mise à jour : 03/04/2015

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