Les Juifs du Canada

Le Canada est un Etat fédéral dans lequel chaque province dispose d’un parlement autonome. Le pays se définit comme multiculturel c’est-à-dire qu’il met en place une politique de la diversité permettant à chaque communauté ethno-religieuse de fonctionner en gardant ses valeurs et ses institutions propres au sein du creuset national.
Après les États-Unis, Israël, l’ex-URSS et la France, le Canada compte la cinquième plus grande communauté juive du monde. Ses membres vivent surtout dans les provinces de l'Ontario et du Québec, suivi du Manitoba, de la Colombie-Britannique et de l’Alberta.

Au début de la colonisation du Canada, les Juifs sont légalement interdits de résidence en Nouvelle-France (Québec) où l'immigration est limitée aux catholiques. Les Juifs s'installent donc dans les colonies anglaises. Après l'intégration de la Nouvelle-France à l'Empire britannique, ils commencent aussi à s'installer dans le Bas-Canada. Vers la fin du XIXe siècle, le pays en dénombre 1.115. Les villes de Montréal et de Toronto comptent environ les trois quarts de la population juive canadienne, mais on en trouve dans presque toutes les villes importantes jusque dans de petites localités.
Dans le Nouveau Monde, les Juifs principalement originaires de pays qui ne leur accordaient pas la plupart des droits politiques et civiques, ne subissent plus les mêmes discriminations qu’en Europe. Ils vivent principalement du commerce de détail ou de gros. Plus tard, ils constituent aussi une grande partie de la main-d'oeuvre de la nouvelle industrie du vêtement prêt-à-porter.
La Fédération des Sociétés Sionistes Canadiennes, fondée en 1899, deux ans après le premier Congres Sioniste Mondial, devient la première association juive du Canada d'envergure nationale. Le mouvement sioniste s'attire un soutien important, y compris celui de nombreuses personnalités fortunées.
La crise de 1930 impose de sévères restrictions à l'immigration. Entre 1933 et 1945, alors que les Juifs d’Europe subissent les pires persécutions nazies, les portes du Canada leur restent closes malgré les protestations de masse et les pressions continuelles exercées par les dirigeants communautaires. Ce n’est qu’après la Shoah que le Canada change d’attitude et autorise les rescapés à y trouver asile.
Aujourd’hui la communauté est estimée à environ 250.000 Juifs répartis dans tout le Canada. Ils sont représentés à travers 2 grandes organisations principales : le Congrès Juif Canadien, organisme de défense des intérêts de la communauté juive du Canada, qui agit au nom des fédérations juives du pays depuis 1919, et le Bnai Brith national.

Le Québec – un modèle d’intégration
La communauté juive constitue un élément essentiel de la société québécoise depuis plus de deux siècles. La congrégation Shearith Israël, première communauté non chrétienne et non autochtone du futur Etat fédéral du Canada, inaugure dès 1768 l’unique synagogue de Montréal.
À la fin du dix-huitième siècle, les Chrétiens du Québec s’interrogent sur l’octroi ou non de droits politiques aux autres communautés, dont les Juifs. En 1832, l’Assemblée législative de la province francophone vote en faveur de l’émancipation politique des Juifs, ce qui fait d’elle le premier territoire de l’Empire britannique à adopter une telle loi, plus d’un quart de siècle avant l’Angleterre elle-même.
Les Juifs qui viennent s’installer au Québec au dix-huitième siècle et au début du dix-neuvième siècle y trouvent un milieu accueillant dans la plupart des cas et contribuent à la croissance économique et sociale de la région. La communauté demeure cependant assez petite. Au premier recensement de 1871, la population juive du Québec compte moins de 500 âmes. Cette situation va connaître un changement important à la toute fin du dix-neuvième siècle. À cette époque, une vague massive de population originaire d’Europe de l’Est fuyant les pogroms, en quête de prospérité et d’égalité des chances, émigre vers l’Amérique.
Ces nouveaux arrivants décuple la population juive du Québec qui connaît une croissance de plus de 800 % entre 1901 et 1931, passant d’environ 7.000 à 60.000 âmes. Ces récents venus ne tardent pas à promouvoir le yiddish au rang de troisième langue courante à Montréal, après le français et l’anglais. Matériellement pauvres, les Juifs n’en sont pas moins riches d’un patrimoine culturel important et d’une volonté absolue de s’enraciner dans leur nouvelle société d’accueil.
Dans ces années, le gouvernement confie aux congrégations religieuses la gestion d’établissements communautaires tels que hôpitaux et orphelinats. Dans ce contexte, les Juifs développent rapidement leur propre réseau d’aide sociale, de cliniques, de sociétés d’entraide, de synagogues, d’écoles, de bibliothèques et de journaux. Ces institutions stimulent le développement d’une créativité culturelle et religieuse et font de Montréal la ville d’accueil d’une communauté qui contribue grandement au rayonnement de la culture juive en Amérique du Nord et dans le monde.
L’esprit d’entreprise de la communauté juive contribue aussi à faire de Montréal un centre manufacturier prospère et la plus grande métropole du Canada. Cependant, une fraction de la population québécoise s’inquiète de la croissance de cette communauté. Certains groupes estiment que cette situation nuit à l’identité chrétienne qui, à leurs yeux, doit prévaloir au Canada et au Québec. Parmi eux, des protestants anglophones et des catholiques francophones s’alarment du nombre croissant d’élèves juifs dans le système scolaire chrétien, menaçant ainsi la nature fondamentale de la communauté blanche. En effet, les Juifs suivent leur scolarité dans des écoles protestantes et s’assimilent au Canada anglais. Par conséquent, les francophones craignent qu’ils ne contribuent à affaiblir le caractère catholique et français du Québec. C’est ainsi que des comportements antisémites surgissent à des degrés divers. Ces attitudes influent profondément sur le gouvernement canadien à l’égard de l’immigration juive depuis les années vingt jusqu’aux années quarante. Face à cet antisémitisme, les Juifs sont mis à l’écart au point de vue social et culturel.
Ce n’est qu’après la Shoah, fin des années 40, que le Québec autorise à nouveau l’immigration juive qui propulse alors la croissance démographique, économique et culturelle de la communauté dans la province francophone.
Durant les années cinquante, le Québec accueille une nouvelle vague d’immigration juive, provenant cette fois principalement d’Afrique du Nord. Les sépharades diffèrent de la culture majoritairement ashkénaze de la communauté du Québec. De plus, ces nouveaux immigrants parlent le français et leur arrivée conduit la communauté juive à modifier son discours et ses habitudes. Cette vague d’immigration pousse également la société québécoise à changer sa perception des Juifs comme étant exclusivement anglophones. À la fin du vingtième siècle, des immigrants en provenance de l’ex-Union soviétique, d’Israël, d’Argentine et d’autres pays viennent également, dans une moindre mesure, accroître la diversité de la communauté juive.
Religieusement, la communauté se divise en 6 grands groupes : les sionistes pratiquants, les traditionalistes, les libéraux, les assimilationnistes et les anti-religieux (restant très minoritaires pour ne pas dire presque insignifiants). Enfin, la congrégation hassidique très stricte constitue un élément non négligeable de la communauté juive du Québec. La plupart des synagogues de la province sont et ont toujours été d’obédience orthodoxe. De plus, les synagogues non orthodoxes ont tendance à adopter des pratiques et une vision plus conservatrices que leurs institutions homologues en Amérique du Nord. Les Hassidim souhaitent avant tout pouvoir développer leurs propres écoles et établissements fédératifs avec le moins d’intervention possible du monde extérieur. Ils commencent à établir de petites communautés au Québec durant la période de l’après-guerre. Mais ces congrégations se sont considérablement développées durant les dernières décennies, du fait à la fois de l’immigration et de la croissance naturelle. Les derniers recensements indiquent que la communauté hassidique compte aujourd’hui plus de 10.000 âmes. Ainsi, Montréal possède une des communautés les plus anciennes et les plus orthodoxes du Canada. D’ailleurs le groupe Loubavitch y fonctionne à merveille, se révèle très actif et dynamique.
Cependant, des mutations sont apparues dans la communauté juive du Québec. Sa population est passée de 120.000 membres en 1971 à près de 93.000 âmes, principalement concentrées dans la région de Montréal. Cette baisse démographique a entraîné une réorientation de la communauté. Elle est actuellement davantage francophone. Sa composante sépharade (22,8 % soit 20.000 personnes), s’intègre avec succès au leadership d’une communauté historiquement majoritairement ashkénaze. Les jeunes Juifs du Québec, ashkénazes ou sépharades, sont aujourd’hui plus bilingues que par le passé.

Données démographiques
Alors que Toronto représente la majeur partie de la communauté juive canadienne avec 180.000 âmes, celle de Vancouver en compte 22.590, Winnipeg 14.790, Ottawa 13.445, Calgary 7.950, Edmonton 4.920 et Hamilton 4.675.
Quant à la communauté juive de Montréal, elle se classe deuxième du Canada et compte environ un quart (25,1 %) de la population juive de tout le pays. Elle représente 2,8 % de la population totale de la ville. Sur le plan démographique, elle se classe au septième rang des communautés ethnoculturelles de Montréal, après la canadienne, la française, l’italienne, la britannique, l’arabe et la caribéenne. Et parmi les groupes religieux de la ville, les Juifs se trouvent au cinquième rang, derrière les catholiques, les protestants, les musulmans et les chrétiens orthodoxes.

Les Juifs canadiens dans leur ensemble font preuve d’une belle réussite économique. Fidèles au valeurs multiculturelles de leur pays d’accueil, ils se définissent à la fois comme Canadien et comme Juif c’est-à-dire une double appartenance nationale et communautaire, ethnique ou religieuse. Les spécialistes observent aussi un double mouvement au sein de la communauté. D’un coté, un renforcement de la pratique, un retour au judaïsme, un raffermissement de l’orthodoxie. De l’autre au contraire, une augmentation de l’assimilation, réelle menace pour la survie de la culture juive au Canada. Les unions exogamiques sont en effet en hausse. Elles ne représentent cependant que le 1\3 du taux en cours aux Etats-Unis.

Antisémitisme
L’antisémitisme au Canada reste essentiellement lié à l’actualité du Proche-Orient et fluctue en fonction de ses développements. Ce qui rend le problème permanant. Le phénomène est particulièrement ressenti au sein des universités, bien plus que dans la rue canadienne. Au sein du monde académique, le combat contre Israël et ses supporters est organisé, structuré par des organisations estudiantines. Il se définit comme une lutte s’opposant aux ‘’Juifs ennemis de l’humanité’’. La bataille idéologique s’opère sous forme de conférences tournant autour du thème de la Palestine et tout ce qui s’y raccroche.
La presse n’est pas épargnée non plus par le phénomène. Elle se retrouve principalement muselée par sa crainte de l’islamophobie. La télévision publique est immergée dans la problématique de la désinformation pour qui le judaïsme est pris pour une religion, le Juif ne fait pas partie d’un peuple mais devient un personnage exotique, assimilé à ‘’sioniste’’. Pour les médias, les Juifs fréquentables restent ceux désormais qualifiés d’alterjuifs (Juifs revendiquant leur appartenance historique mais se dissociant du peuple juif pour mieux condamner l’existence d’Israël). Ce sont justement eux qui monopolisent la parole radiophonique ou télévisuelle. Puisque les organes publiques d’information sont indépendants de l’Etat (pas de contrôle du pouvoir), ils ne sont pas tenus au devoir de rééquilibrage.
Dans les faits, l’antisémitisme classique se traduit par des attaques physiques contre des hassidim, facilement identifiables, ou par des crois gammées taguées sur des synagogue. La police canadienne n’a pas suffisamment conscience du problème. De plus, elle manque de moyens pour lutter efficacement contre ce phénomène. Les auteurs de graffitis antisémites ne sont jamais retrouvés.
Quant au nouvel antisémitisme qui se cache sous le ‘’droit de critiquer Israël’’, il est plus récent.
Pour les officiels de la communauté juive qui semblent coupés de la population, le problème de l’antisémitisme n’existe pas vraiment. Ou plutôt, ils le cachent en s’abritant derrière la politique des portes closes.
C’est principalement le Bné Brith qui lutte activement contre la discrimination. Chaque année, il édite un rapport complet sur la situation de l’antisémitisme au Canada.

Globalement cependant, le gouvernement canadien se révèle être le plus ouvert et favorable aux Juifs dans le monde et se démarque nettement des autres pays. Le Canada est un des premiers à avoir reconnu le Hammas comme organisation terroriste. Ainsi malgré tout, la situation des Juifs y est incomparablement meilleure que dans n’importe quelle autre région de diaspora et sans aucune mesure avec ce qui peut se produire actuellement en Europe.


Noémie Grynberg 2009

 

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Commentaires (7)

BELLALI
  • 1. BELLALI | 17/05/2010

....Bien..c'est trés interéssant,trés clair et bien résumée.

BELLALI - CASABLANCA - Maroc -

dje
  • 2. dje | 21/10/2011

OBJET : Demande d’aide

je suis chrétien mais je suis sensible à la cause juive et j’ai toujours voulus devenir juif (pratiquer la religion) à cause de toutes les prophétie de la bible qui se réalisent sur ISREAL (Paix sur le peuple de DIEU) .

J’ai déjà visité plusieurs sites tels que AIPAC mais impossible de les joindre mon seul espoir c’est vous .



Je veux comprendre l’identité juive,

Apprendre hébreux,

pratiquer la religion juive,

Défendre Israël ,

Aidez moi à realiser ce reve

serror
  • 3. serror | 27/12/2012

Bonjour,

Mon fils souhaite faire ses études au Canada et intégrer une communauté juive . il cherche des renseignements sur une communauté qui lui permettra de réussir son immigration tout en pouvant continuer à pratquer sa religion .
Pouvez vous m' aider merci bcp

Assad
  • 4. Assad | 05/03/2013

dje si tu veux être guidé vers la lumière fout toi un concombre dans le fion tu sera surement accepter après sa tu peux aussi violer un enfant et le décapite pour moloch la divinité sioniste.Apres sa tu pourra pleurniché et être écoute pour le moment ferme la physiquement,ils veulent pas de toi !!

Sam
  • 5. Sam | 28/09/2013

Bonjour,

Merci d'enlever rapidement le commentaire mechant et sans fondement de Assad 05/03/2013 ou de la personne qui se cache derriere.

Merci,
Sam

salomon
  • 6. salomon | 21/10/2013

si tu veux pratiquer le judaisme ce st toujours possible il te suffit d aller sur des sites de te presenter et tu pourra par la suite faire ta demande de conversion

rebooouuu

coucou,c'est moi rebouuu. j'aime les crusifie.je m'habille chez korvette. et j'aime les auto catchowww, j'adore les kirikou et au mc donal j'aime manger des chcken uggerts. love you <3 <3 <3

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Date de dernière mise à jour : 15/06/2013