Enfance et Shoah

Dans le calendrier juif, la date du 10 Tevet commémore la destruction de Jérusalem et du Premier Temple par Nabuchodonosor le Babylonien ainsi que l'exil d'Israël, début d'un long enchaînement d'événements dramatiques culminant par la Shoah et ses 6 millions de victimes dont un million d’enfants.

Lorsque la folie nazie s’empare de l’Europe, tous les Juifs sans exception sont menacés d’extermination. Les enfants ne sont malheureusement pas épargnés. Les lois anti-juives s’appliquent également à eux : ils ne peuvent par exemple plus jouer dans les jardins publics réservés aux ‘’aryens’’, n’ont plus le droit d’aller à l’école.
Les enfants figurent vite parmi les premières victimes lorsque les Allemands et leurs collaborateurs assassinent, fusillent ou déportent les communautés juives vers les camps d'extermination. Il en est ainsi en Ukraine à partir de l’été 1941. Des enfants vivent terrorisés dans le ghetto d’Odessa. En Serbie, les femmes et les enfants sont raflés et internés dans des camps fin 1941, pour être ensuite tous assassinés par gazage dans les 6 mois suivants. Des enfants sont également abattus par les SS et les forces de police en Pologne et en Union soviétique.
Dans toutes les zones occupées par les nazis, les présidents des Conseils juifs (Judenrat) sont contraints de remplir leurs quotas d'enfants destinés à la déportation. Le doyen du ghetto de Varsovie, Adam Czerniakow, se donne la mort en juillet 1942 pour ne pas devoir collaborer à la déportation d'enfants et de vieillards. Janusz Korczak, célèbre pédiatre polonais et directeur d'un orphelinat du même ghetto de Varsovie, refuse d'abandonner les enfants dont il a la garde. Il les accompagne dans le transport jusqu'à Treblinka, où il est assassiné avec eux.
Dans tous les ghettos, nombreux sont les petits qui meurent en raison du manque de nourriture, de vêtements ou de soins. Ils ne sont en général pas utilisés pour le travail forcé, ce qui augmente leurs risques d'êtres déportés plus tôt vers les camps de concentration et d'extermination. C’est pourquoi à Auschwitz et dans les autres camps de la mort, après la sélection, la majorité des enfants est envoyée directement dans les chambres à gaz car inapte au travail. Les jumeaux sont utilisés pour les expériences médicales nazies.
En tout, on estime que plus d'un million d'enfants juifs a été exterminé en Allemagne et en Europe occupée.

Malgré les persécutions, de nombreux enfants trouvent les moyens de survivre. Dans les ghettos, beaucoup font passer clandestinement de la nourriture. Certains jeunes participant à des mouvements de jeunesse sont actifs dans la résistance ; d'autres aident aux évasions vers des regroupements de familles de partisans.
Dans les camps aussi certains survivent. Ainsi à Buchenwald en 1945, les Alliés découvrent dans la baraque 66, un millier de garçons, tous orphelins venant d'Auschwitz.

En France
Dès 1939, des enfants sont regroupés essentiellement dans deux camps : Gurs et Rivesaltes. Ils vivent dans des conditions d’hygiène et d’alimentation déplorables. Quant au camp de Montélimar, ce centre de rassemblement non gardé compte également quelques mineurs.
En 1942, année de l’application de ‘’La solution finale’’ visant à exterminer tous les Juifs, les enfants juifs ne peuvent plus sortir librement et doivent porter une étoile jaune.
Laval en personne met la police française au service de la Gestapo et autorise - fait nouveau - la déportation des jeunes de moins de 16 ans. Lors de la rafle du Vel d’Hiv à Paris, les 16 et 17 juillet 1942, 4.051 enfants sont arrêtés. Ils seront déportés dans les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande, dans le Loiret. Après avoir été séparés de leurs parents, ils seront assassinés à Auschwitz-Birkenau.
Au camp de Drancy, des enfants dont le plus jeune n'a que quatorze jours sont livrés aux sbires d'Aloïs Brunner. Un réseau s'organise entre l'infirmerie, où les petits apprennent à simuler les symptômes des maladies contagieuses tant redoutées de leurs bourreaux, et l'hôpital Rothschild d'où des médecins complices les évacuent vers des familles d'accueil.
Pour les enfants juifs dont les parents ont été déportés dans les camps de la mort, c'est à Chambon-sur-Lignon, dans les Cévennes, qu'ils trouvent refuge. Dans un collège en zone libre, tenu par la Croix-Rouge, ils survivent au jour le jour. Dans la longue nuit de l'Occupation, des hommes et des femmes de la région viennent au secours des jeunes persécutés, les aider.
Le 6 avril 1944, la Gestapo de Lyon sous le commandement de Klaus Barbie, arrête les 44 enfants juifs de la colonie d'Izieu. 42 enfants - dont le plus jeune a moins de 5 ans - sont exterminés au camp de la mort d'Auschwitz-Bikernau. Deux adolescents sont fusillés en Estonie.
A La Varenne, dans la nuit du 21 au 22 juillet 1944, sur l'ordre du capitaine SS Aloïs Brunner, 28 orphelins sont arrêtés à l’Orphelinat et à la pension d'enfants juifs. Ces enfants âgés de 4 à 11 ans, sont précipités dans des autobus avec baluchons et matelas, puis conduits à Drancy avant d'être acheminés le 31 juillet 1944 vers Auschwitz, dans des wagons à bestiaux, par le convoi no 77. A leur descente, ils sont immédiatement envoyés à la chambre à gaz.
De 1942 à 1944, en France, 11.400 enfants juifs subissent le même sort : ils sont livrés aux Nazis par les autorités françaises et assassinés à Auschwitz. Pour chacune de ces victimes, au Mémorial des enfants juifs déportés, Serge Klarsfeld a établi son état civil : nom, prénom, date et lieu de naissance ainsi que l'adresse où l'enfant a été arrêté. Aux listes ainsi dressées s'ajoute plus d'un millier de visages de ces enfants. Serge Klarsfeld a déjà réuni et publié les photos de trois mille d'entre eux à un âge proche de celui qu'ils avaient quand ils ont été déportés.
Dans le même temps, 70.000 enfants survivent grâce à la solidarité et à l'aide d'hommes et de femmes qui s'opposent courageusement à ces «crimes contre l'humanité». Ainsi, de nombreux enfants raflés à Lyon sont sortis en une nuit du camp de Villeurbanne (28 août 1942) par l’Amitié chrétienne de l’abbé Glasberg et du père Pierre Chaillet. Sans l’appui d’une partie de la population, les sauvetages d’enfants n’auraient pu être possibles. A l’échelon local, des Français ont pris le relais des organisations juives pour cacher les enfants, au mépris des risques encourus. L'effort de protection par leurs familles, les organisations juives et la population française a épargné des milliers de jeunes vies. De toutes les communautés juives de l'Europe dominée par le Reich, celle de France a connu la proportion la moins forte d'enfants déportés.

En Belgique
Dès le déclanchement de la guerre, ce petit pays n’est pas épargnée par la gangrène nazie. Il connaît également une impitoyable chasse aux Juifs. Les familles sont déportées avec leurs enfants. En juillet 1942, suite à une rafle, une dizaine de femmes et deux hommes entreprennent de créer un réseau clandestin : le « Comité de défense des Juifs » (C.D.J.). Réalisant qu’ils ne peuvent empêcher la déportation des adultes, ce comité s’organise pour sauver les enfants. Ce réseau est constitué de trois groupes : le premier passe de famille en famille pour demander aux parents de leur laisser leurs enfants pour les cacher dans une famille ou un institut non juif pendant la durée de la guerre. Par mesure de sécurité, les parents ne peuvent connaître le lieu où sont cachés leurs enfants. Le deuxième groupe cherche ces familles ou institutions acceptant de cacher ces enfants. Le troisième groupe, le bureau, fabrique de faux papiers, des tickets de rationnement et trouve de l’argent. Pour dissimuler les abris des enfants, le réseau met en place un système complexe de carnets secrets contenant des informations morcelées. Seule la combinaison de tous les carnets peut révéler la cache et permettre, plus tard, aux parents survivants de retrouver leurs enfants.
Malgré tout, en Belgique, 4.259 enfants ont été déportés avec leurs parents. Parmi les 4.000 enfants cachés entre 1942 et 1944, la plupart a été sauvée, même si, comme ailleurs, des dénonciateurs ont permis aux Allemands de trouver ces cachettes. 2.790 de ces enfants sauvés étaient orphelins après la Shoah. En 1961, 300 de ces enfants habitaient encore chez leurs parents d’adoption.

Réseaux de sauvetage
Heureusement, grâce à de nombreux réseaux de sauvetage, des milliers d’enfants juifs échappent à la barbarie nazie. Ainsi, dès le début des lois anti-juives, des filières s’organisent. En Europe, certains non Juifs fournissent des cachettes aux enfants juifs et parfois à d'autres membres de leurs familles. Ce sont les Justes des Nations, reconnus par Yad Vashem.
Suite aux persécutions des Juifs lors de la "Kristallnacht" (Nuit de Cristal) en novembre de 1938, la Belgique accepte quelques centaines d'enfants venus d'Allemagne et d'Autriche.
En France, un comité se constitue également pour arracher des enfants juifs à l'enfer nazi. Mais sur les 3.000 jeunes prévus d’arriver en France, seuls 150 y parviennent avant le déclenchement de la guerre.
Entre 1938 et 1940, l’opération de secours appelée ‘’Kindertransport’’ (Transport des enfants) amène des milliers d'enfants juifs réfugiés d'Allemagne et des territoires occupés par les Nazie en Grande-Bretagne.
Par ailleurs, les passages en Suisse permettent de préserver aussi de nombreux enfants. Entre novembre 1942 et septembre 1943, l’occupation italienne laisse un répit qui facilite la structuration des filières de passage des enfants. Mais à partir de 1943, l’invasion allemande dans la région et l’installation du régiment Todt à Annemasse avec la douane allemande munie de chiens policiers ainsi que la Gestapo rendent de plus en plus périlleux les passages d’enfants en groupe et nombreux sont les passeurs et leurs groupes arrêtés à la frontière.
L’Espagne est aussi un refuge pour les petits Juifs. Mais peu d’enfants de France passent les Pyrénées à cause de la marche éprouvante à travers le froid et la neige. Pourtant une centaine de jeunes de 7 à 12 ans et quelques nourrissons sont conduits de l’autre côté de la frontière espagnole, étape vers la Palestine via le Portugal. Ainsi, 75 enfants juifs de France y sont envoyés secrètement.

Spécificité des organisations de sauvetage en France
Le Docteur Nili Keren, Directrice Pédagogique de l’Institut des Etudes de la Shoah ‘’Massouah’’ s’occupe particulièrement du problème des enfants pendant la Deuxième Guerre mondiale. Ses qualités d’historienne et d’enseignante de la Shoah l’ont amené à beaucoup se pencher sur l’importance des organisations juives dans le sauvetage des enfants et sa spécificité typiquement française dans l’ampleur du phénomène.
En effet, en France, face au plan de destruction massive et planifiée des Juifs par les Nazis, les organisations juives se mobilisent et créent des réseaux de résistance, destinés surtout au sauvetage des enfants. L’Oeuvre de Secours aux Enfants (O.S.E.), les Eclaireurs Israélites de France (E.I.F.), l’Armée Juive (A.J.), le Mouvement de la Jeunesse Sioniste (M.J.S.), le Comité Amelot, le Réseau Marcel et bien d’autres encore sont soutenus financièrement par le JOINT américain et la communauté juive de France. Sous couvert d’organisations officielles, leurs missions clandestines consistent au placement d’enfants dans des familles d’accueil sous de faux noms, à l’organisation de filières et passages en Suisse ou en Espagne, au sauvetage des enfants de moins de 16 ans par placement dans des institutions et familles non-juives, à la procuration de “vraies fausses’’ cartes d’identité et d’alimentation, au passage de la ligne de démarcation, au secours aux internés, à l’envoi de colis, à la libération d’enfants du camp de Poitiers, etc. Parallèlement, l'U.J.J. (Union de la Jeunesse Juive, composée pour la plupart d'enfants de déportés) combat dans la Résistance.
L’O.S.E., l’O.P.E.J. (Œuvre de Protection de l'Enfance juive), les E.I.F., la Colonie Scolaire du Centre de la rue Amelot à Paris, la Commission Centrale de l’Enfance et le Cercle amical (de tendance bundiste) sont les principaux organismes juifs à s’occuper de Maisons d’enfants pendant et après la Deuxième Guerre Mondiale. Chaque organisation a sa propre orientation idéologique : religieuse traditionaliste ou stricte, laïque, sioniste, communiste. Chacune a un projet éducatif correspondant à sa tendance. Ainsi en France, 7.000 enfants juifs sont cachés et envoyés en zone libre pour être sauvés par l’entremise d’organisations telles que l’O.S.E., les E.I.F., l’U.J.I.F., l’A.J. ou le M.J.S., sans compter ceux cachés par les mouvements communistes. On peut dire que la France est le seul pays où se sont tant impliquées les associations juives dans le sauvetage des enfants.

Traumatismes infantiles liés à la Shoah
L’historien belge Maxime Steinberg et le psychologue Marcel Frydman ont parlé des traumatismes des enfants cachés qui, le plus souvent, n’ont pas pu ou pas voulu parler, témoigner. Traumatismes dus à la peur, à la séparation brutale d’avec la famille, à la perte d’identité puisqu’ils devaient oublier leur origine juive et changer de nom. Ceux qui, après la guerre, ont voulu raconter se sont souvent trouvés devant un mur d’incompréhension. Personne ne voulait écouter ces petits. Ils ont mis plus de 40 ans à pouvoir évoquer enfin leurs expériences car leur statut particulier a été reconnu et la parole leur a été donnée. Dernièrement, beaucoup se sont racontés dans des livres.
Si les enfants cachés présentent principalement une problématique identitaire, ceux en revanche sortis des camps ont développé des pathologies physiques et psychologiques typiques. Selon Samuel Tubiana, psychologue pour enfants ayant consacré un mémoire à la ‘’Spécificité de la psychopathologie des enfants juifs survivants des camps de la mort’’, la particularité du traumatisme lié à la shoah se définit par la sous alimentation scientifiquement organisée, les transferts de population, la terreur policière et ses sévices, les incarcérations, les exécutions et massacres, et surtout la monstruosité des camps de concentration destinés à l'anéantissement systématique de masse, à la déchéance progressive accélérée de l'individu, à l'épuisement physique (travail, manque de sommeil, affamement continu, climat extrême), à l'avilissement méthodique de la personne, à l'absurdité et à la férocité du mode d'existence, à la dégradation et à la souffrance morale. La multiplicité et la diversité des chocs affectifs débilitants tels les exécutions sommaires, les meurtres, les coups et les sévices de tout ordre, les expériences scientifiques, les accidents, les maladies et infections non soignées, le travail forcé, les angoisses dues à l'enfermement concentrationnaire, la privation de nourriture et d'affection maternelle, la peur de mourir dans les chambres à gaz, complètent cet appareil de destruction de l'homme dont il ne semble pas exister d’équivalent dans l'histoire de l’humanité.
Ainsi, le cumul des troubles maladifs des enfants survivants des camps de la mort, constituent une psychopathologie bien spécifique à la Shoah. Leurs traumatismes sont tels qu'ils ont modifié leur personnalité alors même que ces êtres étaient en processus de développement physique et psychologique. Les conséquences ont été multiples, tant organiques que psychiques.
Alors que peu d’études ont été consacrées aux dommages sur le plan physique, les recherches de Samuel Tubiana mettent en lumière une systématique des séquelles portant sur la taille anormalement petite rapportée à l'age des enfants. En effet, parfois squelettiques, ayant manqué de nourriture, de vitamines, de protéines nécessaires et vitales pour la croissance des enfants, ces derniers ont subi un vieillissement hâtif de l'organisme accompagné de troubles digestifs, cardio-vasculaires, vésiculaires, urinaires, pulmonaires, visuels, auditifs. Certains ont souffert de décalcification provoquant l'ostéoporose.
Pour les jeunes, l’expérience du FROID glacial durant la saison hivernale semble avoir été particulièrement pénible : elle revient souvent dans les témoignages d'enfants.
Sur un plan psychologique, les camps ont eu des conséquences telles une extrêmement et anormale fatigabilité de l'enfant par rapport à son age (le moindre effort devient un supplice, il a l'impression de ne jamais pouvoir se reposer), ou encore dépression, angoisse, troubles du sommeil avec cauchemars récurrents accompagnés souvent de cris assez forts lorsque les souvenirs reviennent en mémoire, manque d'espoir, troubles de la mémoire et du caractère, irritabilité, labilité émotionnelle (changement d'humeur soudain avec passage d'un grand optimisme à une impassibilité voire une indifférence), alternance entre hypersensibilité ou au contraire froideur, insensibilité. Cette dernière a d'ailleurs sauvé certains enfants au sein des camps, refoulant la vue d'un événement traumatisant plutôt que de l'analyser ou de l'intellectualiser comme un événement réel. Les enfants rescapés des camps souffrent également d’une perte de confiance en l'autre, en la collectivité. Pas demandeurs d'affection, ils sont au contraire restés méfiants, plutôt sur la défensive, réunis entre eux. Ils restent avec un sentiment de suspicion envers l'homme. Ces jeunes survivants éprouvent un ressenti d'injustice, de discrimination, d'incompréhension de la part de l'autre. Ils sont en quête de reconnaissance et d'attention eu égard à leur passé, à leur vécu douloureux. Inconsciemment, ils sollicitent compassion et empathie.
Pour soigner ces enfants rescapés, des voies thérapeutiques ont été mises en place. Il a fallu prendre le temps de les écouter, de les comprendre, de s'attacher à eux et à leur expérience, de leur témoigner une considération justifiée eu égard aux traumatismes subis, lourds de conséquences sur les plans physique et psychologique. Des groupes de paroles ont été crées dans plusieurs pays dont Israël et la France. Parler, c’est se souvenir, c’est revivre, c’est aussi guérir.

Enseigner la Shoah aux enfants aujourd’hui
L’enseignement de la Shoah est très importante pour les jeunes générations. L’histoire du sauvetage des enfants juifs est particulièrement éducative pour tout élève en Israël, tant au niveau historique qu’humain et juif.
Ouriel Feinermann, formateur d’enseignants et de guides pour la transmission de la Shoah, s’est interrogé sur le problème de la transmission de l’innommable en essayant de trouver des solutions aux blocages psychologiques qui y sont liés.
Un fait est sûr, pour sensibiliser les jeunes à la Shoah, il faut trouver un angle d’approche qui les touche plus directement : celui de l’histoire des enfants. Dans ces observations sur le terrain, Ouriel Feinermann note trois syndromes :
1) celui des couleurs : en effet, le noir, le jaune et le rouge sont les trois dominantes pour décrire la Shoah
2) celui des mots : que veut dire avoir ‘’faim’’, avoir ‘’froid’’, être ‘’épuisé’’ ?
3) celui des chiffres : ils représentent une anomalie humaine car les noms des victimes ne sont pas tous connus. Il en résulte une pensée en chiffres et non plus en noms c’est-à-dire en individualités.
Dans le processus d’identification, le jeune public est plus sensible aux petites histoires personnelles qui ont plus d’impact que les grandes trop anonymes et insaisissables. Ce qui fait dire à Ouriel Feinermann que la grande Histoire doit être enseignée par les petites histoires particulières. Et par conséquent, les enfants rescapés sont ceux qui peuvent le mieux les raconter : celles du vécu de tous les jours, les petites choses simples de l’humanité. Il est important de voir comment chacun raconte son histoire propre comme base d’éducation et d’identification. En cela, la Shoah n’est pas qu’un simple cours d’histoire. C’est une leçon d’humanité. Les survivants ont dû trouver une raison de vivre afin de résister à cet enfer.
Il existe un besoin que ces histoires d’enfants cachés soient racontées, écrites, publiées. Ceci est important non seulement pour l’enseignement de la Shoah mais également pour que la deuxième et la troisième génération entendent ``Je`` dans les témoignages. En effet, les nouvelles générations doivent rencontrer celles qui ont vécu personnellement ces traumatismes.
Pour ce faire, Ouriel Feinermann propose plusieurs projets :
- continuer à raconter
- comprendre la psychologie des enfants cachés pour comprendre la 1e génération
- donner de l’importance aux sites (où les enfants ont été recueillis et cachés par exemple) et pas seulement aux témoignages.


Noémie Grynberg 2008

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Commentaires (2)

betty LEVY
  • 1. betty LEVY | 19/06/2009

[b][/b]des details sur les enfants je suis une enfant de deporte elevee par un rescape de la shoa qui avait perdu 3enfants dont sa femme un homme qui m'a aime comme son enfant un saint

TOUBIANA ALBERT
  • 2. TOUBIANA ALBERT | 14/01/2011

j ai eté rafle a beja tunisie en mars 1943 puis expedie en camps d'extermination a tunis comment le prouver par document authentique j'avais alors 5 ans et 3 mois si quelq'un y etait ou en sais quelque chose des deux camps de bou kornine et djebel dgeloude pres de tunis je le prie de me contacter remerciements anticipes on peut me telephoner au 0621942095

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Date de dernière mise à jour : 20/08/2012