La bataille de libération de Jérusalem

Jérusalem réunifiée, capitale éternelle du peuple juif, semble aujourd’hui une évidence, aller de soi. Or il y a à peine 50 ans, les Juifs ne pouvaient accéder ni au 1967 - Jews take controlquartier d’Harmon Hanatsiv, ni à Ramat Rahel, ni au tombeau de Shmuel, ni à l’American Colony, ni à HaGuiva Hatsarfatit, ni au Mont des Oliviers et encore moins au Kotel. Depuis à peine un demi-siècle, ils ont reconquis leurs lieux saints et redonné à Jérusalem sa splendeur passée.

La réunification de la capitale d’Israel s’avère un événement historique. Son jubilée est l’occasion de revenir sur la chronologie de la libération de Jérusalem, étape par étape.

Les quartiers sud
Le 5 juin à midi, après la conquête par les Jordaniens de Harmon Hanatsiv (le Palais du Gouverneur), Tsahal lance l'assaut. A 13h30, il s’empare de ce point clé contrôlant la route de Jérusalem-Est.
A 15h10, trois chars israéliens pénètrent dans le palais, paralysent la résistance ennemie qui fuit vers l'est. Les forces israéliennes continuent vers la « Colline de l'antenne ». Le Bataillon 161 conquière les alentours ouest et nord du palais avec les soldats des unités de reconnaissance.
Ensuite, Asher Drazin, commandant de la brigade Jérusalem, envoie une patrouille accompagnée d'un tank pour s’emparer de Sur Baher tenant la voie Jérusalem-Bethlehem.
Dans le même temps, le commandant de la 16e Division, le colonel Eliezer Amitai, ordonne au bataillon 62 de se déployer à Ramat Rahel malgré les champs de mines. Peu après, celui-ci conquière le sud de Jérusalem à l'exception d’Abu Tor.
Le 7 juin après-midi, Jabal Abou A'oniim (aujourd’hui Har Homa) est conquis par la brigade de Jérusalem.

Les quartiers nord
Le 5 juin, l'état-major général jordanien ordonne à l'infanterie de se poster à Tell el Ful. Le chef du Commandement Central Uzi Narkis enjoint donc à brigade Harel de se déplacer vers le corridor nord de Jérusalem entre Ma'aleh Hahamisha et Motza. Mais la brigade se fait bombarder par l'ennemi.
A 17h15, les chars israéliens commencent à tirer sur les avant-postes jordaniens, tandis que l'artillerie envoie des mortiers lourds et l’aviation bombarde un quart d’heure plus tard. L'assaut d’infanterie débute à 18h00.
Narkis demande à la Brigade Harel d’effectuer une incursion sur deux axes : l'un de Ma'aleh Hahamisha à Guivat Haradar (actuellement Har Adar), et l'autre du Castel à Sheikh Abdul Aziz, puis vers Beit Surik.
L’offensive du premier axe dure jusqu'à minuit, elle détruit une partie de la force jordanienne et bloque la route. Dans le deuxième, la Brigade Harel fait face à la Légion arabe et aux champs de mines. A 03h30 du matin, le bataillon 95 se poste sur Tel A-Zahra qui contrôle la route de Jérusalem au nord et ouvre le feu sur les forces jordaniennes.
Le bataillon 106 subit de lourdes pertes au Castel. Mais il poursuit sa route vers le village de Beit Surik et arrive à Bido à 04h00 du matin.
Le 6 juin à 9h00, le bataillon 106 attaque Tell el Ful, couvert par les chars du bataillon 95. Il n’essuie presque pas de résistance.

Les quartiers est
Le 6 juin, l'objectif général est la jonction rapide avec l'enclave du Mont Scopus. Pour cela, la brigade Harel doit prendre Guivat Hatsarfatit, Guivat Hamivtar et le quartier de Shuafat. Elle décide une lutte éclair : les chars passent à travers les maisons. L'infanterie blindée contrôle vite le terrain et continue vers Guivat HaMivtar. Malgré l’offensive ennemie, l’infanterie blindée et les véhicules mobiles prennent d'assaut la position. Les compagnies A et B ainsi que deux chars arrive en renforts des paras. Les tirs réussissent à détruire les bunkers jordaniens. A 05h15, la plupart des combats de Guivat HaMivtar sont terminés.
Les forces israéliennes achèvent la prise de contrôle des deux collines à 12h00. La connexion avec le mont Scopus est établie.
Har Hatsofim
De son côté, le commandant de la brigade de parachutistes, le colonel Mordehai (Motte) Gour, planifie une percée allant de l'académie de police à la porte Mandelbaum.
A 02h15 du matin, en plus des tirs de chars et de l’aviation contre les blindés jordaniens, un barrage d'artillerie fait feu sur l'Académie de police et la Colline des munitions.
A 2h30, la Compagnie D du régiment 66 opère une percée. Ensuite, c’est au tour de la Compagnie B de battre en brèche vers l'académie de police. Les parachutistes et les tanks israéliens y pénètrent sans aucune difficulté : dès le début du bombardement, la Légion s’est retirée sur la Colline des munitions que la Compagnie C du Bataillon 66 prend d'assaut. Elle écrase la position jordanienne et rejoint l'hôtel Ambassadeur, Dereh Shrem.
A la même heure, le bataillon 71 a mission de conquérir le quartier de Wadi Joz, Bab a-Zahara et la colonie américaine. Près de la porte Mandelbaum, il commence une bataille difficile. A 06h00, son but est atteint.
De leur côté, les compagnies A et D s’emparent de l'intersection stratégique de Sheikh Jarrah à environ 05h15. Presque toute la force jordanienne est décimée. Les deux unités progressent rapidement jusqu’au Musée Rockefeller.
L'après-midi du 6 juin, tout Jérusalem-Est en dehors des murailles est contrôlé par Tsahal, à l'exception du quartier d'Abou Tor conquis dans l'après-midi et du Mont des Oliviers le lendemain.

Le centre
Le 6 juin, dans le quartier de Shmuel Hanavi, le Bataillon 28 commence son attaque à 3h30 du matin mais essuie de lourds bombardements et compte de nombreux blessés. L’arrivée de blindés changent la situation. A 06h00, la compagnie A réussit à prendre le contrôle l'intersection au sud du YMCA et du consulat américain. Une demi-heure plus tard, elle rencontre une position fortifiée bloquant la poursuite de la progression vers le sud pendant deux heures. Finalement, les Jordaniens se rendent après l’attaque des blindés.

La Vieille ville
Depuis le début des combats de Jérusalem, des ministres du gouvernement d'union nationale veulent occuper l’Est de la ville et la réunifier. A la tête de ce mouvement, Menahem Begin, ministre sans portefeuille, et Yigal Alon, vice-premier ministre. Dans la nuit du 5 au 6 juin, une réunion de cabinet spéciale a lieu au sous-sol de la Knesset (en raison du bombardement de la ville). Toutes les personnes présentes conviennent de l’occasion historique de réunifier la capitale sous autorité israélienne, malgré la lourde pression internationale qui risque de peser sur Israël.
Pourtant, tous les ministres, sauf celui de la Défense, absent de la réunion, sont d’accord : il faut conquérir la Vieille ville. Mais Moshé Dayan s’oppose à une attaque directe, craignant de nombreuses victimes et de gros dégâts. Il préféré un siège pour que l’ennemi capitule.
Aussi la demande du commandement général, Uzi Narkis, d’entrer dans la Vieille ville est-elle rejetée.
Mais Begin entend parler à la BBC du cessez-le prévu par l’ONU. L'une des clauses mentionnées est l'interdiction des forces militaires des deux côtés de dépasser leurs positions dès le cessez-le, à l'aube. Begin craint que la Vieille ville échappe à Israël. Il contacte le ministre de la Défense et lui demande d'approuver l'entrée immédiate dans la Vieille ville. Dayan comprend que le temps travaille contre l’Etat hébreu. Il est d'accord, avec l'approbation du Premier ministre. Dayan demande au commandement Central une extrême prudence face aux éventuels dommages causés aux lieux saints et à la population civile.
Le 7 juin à 06h15, le ministre de la Défense ordonne officiellement au chef d’Etat-major, Yitzhak Rabin, d’entrer dans la Vieille ville.
Le 6 juin à 18h00, la conquête particulièrement difficile d'Abou Tor est achevée par la Brigade de Jérusalem.
Prochaine cible : le Mont des Oliviers et le complexe Augusta Victoria. La tâche reportée au lendemain matin est confiée à la 55e Division, avec l'aide d'une compagnie de chars de la Brigade Harel.
Le 7 juin à 7H00, l’offensive est lancée. A partir de 8h00, l’aviation bombarde : les jordaniens subissent de lourdes pertes. Les bataillons 66 et 71, ainsi que la brigade 80, aidés de tanks, prennent d'assaut la crête. A 09h05, Augusta Victoria est conquises. La patrouille 80 et les chars continuent vers les villages d’At-Tur, Al Ezariyah et Abu Dis.
A 9h30, la 55e division conquière le mont des Oliviers. Motte Gour commande à ses hommes de se diriger vers la porte des Lions. A 09h45, le véhicule blindé de l’unité de paras y arrive et roule dans la Via Dolorosa. A sa suite, les bataillons 71, 66 et 28 ainsi qu’une unité de tanks qui restent bloqués par l’accès trop étroit.
La Compagnie D et le bataillon 71 poussent vers la porte des Détritus et pénètrent dans la Vieille ville après la brigade de Jérusalem. Ils continuent vers le quartier chrétien.
Avant 10 heures, les compagnies A et D entrent dans le quartier Mughrabi à côté du Kotel.
Quelques minutes plus tard, une compagnie du Bataillon 71 arrive la première au Mont du Temple.
Mont du Temple 67
Le Bataillon 66 de la brigade 55 et la Compagnie D du bataillon 71 se rejoignent dans le quartier musulman et chrétien. Le Bataillon 28 et deux autres compagnies du bataillon 71 aident à les dégager.
A 10h00, Motte Gour annonce dans sa radio la fameuse phrase « le Mont du Temple est entre nos mains ». Le Commandant de brigade adjoint, Moshé Stempel et le commandant de la compagnie A Yoram Zamush, descendent les premiers devant le Mur occidental où ils hissent le drapeau israélien. Ils sont rejoints par le grand Rabbin de Tsahal Shlomo Goren, le chef du commandement centrale Uzi Narkis et le chef d'état-major adjoint Haïm Bar-Lev. L’esplanade du Kotel se remplit de dizaines de soldats.
Presque au même moment, trois compagnies du bataillon 163 de la Brigade de Jérusalem conquièrent le mont Sion sans combat et défrichent le quartier juif et arménien.
A 11h00, le gouverneur de Jérusalem, Anwar al-Khatib, arrive de la part du gouvernement jordanien au Mont du Temple où il signe la reddition.

Dans l'après-midi du 7 juin, la prise de contrôle totale de Jérusalem est terminée. Depuis, la ville symbolise la réunification du centre spirituel et politique du peuple juif.


Noémie Grynberg, 2017

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Date de dernière mise à jour : 16/07/2017

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