Histoire du programme spatial israélien

ISA La recherche israélienne dans le domaine de l’espace date des années 60. Depuis, l’Etat hébreu est entré dans le « club » fermé des pays ayant la capacité de Isadévelopper des satellites et des infrastructures de lancement.

En 1963, l’Académie nationale israélienne des sciences fonde la Commission nationale de recherche spatiale. Mais 10 ans après, la guerre du Kippour déclenche un choc. Suite l'attaque surprise conjointe de l'Égypte et de la Syrie, Israël décide de fabriquer et de lancer ses propres satellites espions. Le pays démarre donc ces activités en développant les infrastructures nécessaires à la recherche et à l'exploration spatiale. Ainsi, l’agence spatiale israélienne (ISA), l'organisme gouvernemental qui coordonne et supervise tous les programmes spatiaux à but scientifique, militaire ou commercial civil, est fondée en 1983. Elle est parrainée par le Ministère de la science, de la technologie et de l'espace.
L’année suivante, le Centre National des Connaissances spatiales est créé en coopération avec l’Israel Aerospace Industries (IAI). En 1988, ils mettent ensemble au point le lanceur léger Shavit. Ce qui permet à Israël d’envoyer depuis la base aérienne de Palmahim son premier satellite artificiel expérimental Ofeq-1 destiné à la génération d'énergie solaire, aux radio-transmissions, à la collecte de données sur l'environnement spatial et le champ magnétique de la Terre. La réussite de la mission place le pays en 9e position de ceux à avoir propulsé un satellite avec leur propre lanceur.
Parallèlement, la coopération entre Israël et les États-Unis en matière d'astronautique se met en place. Ainsi en 1992, la première expérience israélienne qui a pour but de déterminer les effets de la microgravité, est réalisée dans une navette américaine.
Au fil des ans et de l’expertise israélienne accumulée dans le domaine spatial, les collaborations s’élargissent avec l'Inde, puis avec Canada pour la recherche.
En 1996, dans le cadre de sa participation avec la NASA, l’Etat hébreu accède au programme EOSDIS (Earth Observing System Data and Information System - système de données et d'information sur l’observation de la Terre). A cette occasion, l’Université de Tel-Aviv conçoit un télescope spécial permettant d’observer les étoiles et l’installe à Mitzpé Ramon où il est en fonction.
Dans le même cadre e la NASA, dès 1998, le colonel de l’armée de l’air Ilan Ramon commence à Houston au Texas sa formation en vue d’un vol en navette. Après 5 ans d’entrainement intensif, le premier spationaute israélien monte avec 6 autres astronautes dans la navette Columbia, le 16 janvier 2003. L'équipage réalise plus de 80 expériences dans le domaine de la biologie, de la recherche biomédicale, des sciences de la matière et de la Terre. Mais le 1er février, lors du retour de la mission après 16 jours dans l’espace, la navette explose et se désagrège en entrant dans l'atmosphère, tuant les 7 membres de l'équipage. En souvenir du héros national, un musée et un mémorial Ilan Ramon ont été inauguré en 2013 au nouveau Centre des visiteurs de Mitzpe Ramon.
Fin 2003, un accord est signé entre l’Inde et Israel pour la mise en orbite d'un télescope spatial, conçu par la société israélienne El-Op et lancé sur un satellite indien par un lanceur indien.
L’année suivante, Israël et le Canada s'engagent à travailler ensemble sur les micro et mini-satellites, les instruments pour l'observation de la Terre, les satellites hyper-spectraux, ainsi que des programmes d'information auprès des plus jeunes sur les activités spatiales.
En 2005, la firme Rafael, spécialisée en systèmes de défense hi-Tech, signe avec l’IAI la création d’une société commune pour la fabrication de petits satellites.
Un an après, c’est l’entreprise de défense Elbit, basée à Haïfa, qui crée les Industries électro-optiques, lesquelles développent, entre autre, une des meilleures caméras spatiales au monde, intégrée aux satellites israéliens, ainsi que le télescope TAUVEX, permettant l’exploration des ultra-violets dans le ciel.

En 2009, un accord de collaboration entre l'Agence spatiale israélienne et l'Agence spatiale italienne est signé. La mission Shalom, opérationnelle en 2021, prévoit le Shalom missiondéveloppement conjoint de satellites dans les domaines de la communication et de l'observation et est financé pour moitié par Israël et par l'Italie.
Afin de continuer à développer le secteur du satellite sans prendre de retard, l’Etat approuve en 2012 un budget de 180 millions $ sur trois ans pour l’Agence civile israélienne de l'espace.
Car pour des raisons évidentes de sécurité, Israel se doit de rester dans la course spatiale. Mais pas seulement au niveau de la défense ou de l’armement. Egalement pour rester dans le peloton de tête des pays leaders dans le domaine des sciences, de la recherche et de la télécommunication. Ce qui assure un avenir prometteur à la Start-up Nation et des retombées économiques conséquentes. Et comme demain, c’est déjà aujourd’hui, un de ses derniers projets en cours est le microsatellite franco-israélien Vénμs, dédié au suivi haute résolution de la végétation et de l’environnent, est actuellement étudié conjointement par le Centre national d’Etude spatial français (CNES) et l’ASI. Cette mission, qui s'inscrit dans le programme de surveillance globale pour l'environnement et la sécurité, sera lancée en 2017, si tout va bien.

Noémie Grynberg 2016

 

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Date de dernière mise à jour : 20/12/2016