L'Europe : un avenir économique pour Israël

Le 9 novembre dernier, s’est tenu à Tel-Aviv la 5e conférence européenne ‘’Go 4 Europe’’, qui regroupe des sociétés et des investisseurs européens et israéliens. En tout, plus de 600 participants dont une centaine venue d’Europe. Une journée marathon où de nombreux intervenants économiques et financiers ont exposé leur point de vue et leur espoir dans une coopération future plus large. Diverses tables rondes ont abordé des problèmes relatifs à la conjoncture actuelle du marché. Quelques personnalités prestigieuses ont rehaussé de leur présence cette conférence : le Docteur Samuel Pisar, avocat international, Monsieur Roger Cukierman, Président du CRIF et Monsieur Binyamin Natanyahu, actuel Ministre des finances.

Go4Europe est la première conférence d’affaire et d’investissement en Israël qui s’adresse à des sociétés nationales cherchant à gagner ou à améliorer leur accès au marché européen. Elle constitue un lieu de débats exceptionnel permettant d'explorer les diverses opportunités entre les deux partenaires, depuis la coopération en recherche et développement, jusqu’à la commercialisation des produits. Elle réunit des professionnels de premier plan : investisseurs en capital risques, dirigeants, cadres et experts en fusions et acquisitions d’entreprises, évoluant sur le marché du capital investissement. Cette rencontre a pour but d’inviter les entreprises israéliennes à mieux connaître et pour certaines à découvrir le marché européen en leur exposant les avantages d’un élargissement d’activité vers des plates-formes commerciales externes.

Go4Europe est le principal forum de développement commercial consacré à la création de partenariats et d'alliances stratégiques entre des entreprises israéliennes et européennes. Il permet entre autre, d'aborder des questions relatives aux introductions en bourse et de fusions-acquisitions. Cette manifestation organise aussi deux concours : l’un concernant la création d'entreprise en phase finale, destiné aux entreprises high-tech et biotechnologiques recherchant des financements et des partenariats stratégiques en Europe, l’autre la création d'entreprise en phase initiale/phase de démarrage, présentations rapides de projets par des sociétés high-tech émergeantes et très récentes. Les lauréats gagnent une opportunité unique d'entrer en contact avec le marché européen. "Go4Europe est une porte d'entrée importante et obligatoire pour toute personne intéressée par la création de partenariats entre les marchés israéliens et européens. L'Europe ayant connu de nombreux changements au cours des deux dernières années, de nouvelles opportunités se sont ouvertes aux entreprises israéliennes. Le temps est venu de trouver de nouveaux partenaires, de créer de nouvelles méthodes de commercialisation et de réévaluer les modèles économiques, mais aussi de tirer les enseignements auprès d'entreprises qui ont brillamment pénétré le marché et d'interagir avec des cadres qui peuvent guider vers de nouvelles opportunités commerciales rentables", explique Edouard Cukierman, organisateur de Go4Europe Business.

Concrètement, les débats ont porté essentiellement sur l’investissement à long terme : comment faire fructifier son capital en Europe, comment et où investir, comment européaniser les entreprises israéliennes par le biais des fusions et acquisitions. En effet, le marché local n’est pas extensible à l’infini. Les entreprises israéliennes cherchent donc de nouveaux espaces commerciaux. Les alliances stratégiques et les partenariats en recherche et développement entre Israël et des sociétés européennes semblent ouvrir des perspectives intéressantes alors que d’instinct, les Israéliens sont plutôt tournés vers les échanges avec les Etats-Unis. Du fait de la crise, les sociétés israéliennes ont également besoin de lever des capitaux. Elles font donc appel aux banques d’affaires. Investir en Europe leur permet de diversifier les risques. On voit de plus en plus par le biais des fusions et acquisitions, les sociétés israéliennes s’implanter à l’étranger par une prise de participation dans des sociétés européennes. Un éventail de compagnies européennes allant des Télécommunications aux investissements immobiliers tente d’offrir au marché israélien des ouvertures en identifiant et en surmontant les pièges de la croissance. Les avantages de l’Europe Géographiquement, l’Europe offre l’avantage de n’être qu’à quelques heures d’avion et compte plusieurs ports important en Méditerranée. L’UE table sur l’avenir en s’élargissant à 25 membres avec un potentiel de 456 millions d’individus, soit 1,6 fois plus que les Etats-Unis et 3,6 fois plus que le Japon. L’Europe détient la seconde capitalisation boursière mondiale après les Etats-Unis, à hauteur d’approximativement 27 % du marché. Comparativement, Israël compte 0,1 % du marché mondial de capitalisation boursière. Plus d’une centaine de sociétés israéliennes sont notées au NASDAQ alors que seulement une trentaine est cotée sur les places européennes (Francfort et Londres principalement). Par conséquent, les investisseurs israéliens qui désirent diversifier leurs actifs financiers doivent investir au moins autant en Europe qu’aux Etats-Unis.

En 2003, les échanges Israël/Etats-Unis ont chuté de 9,1 % alors que les échanges hors Etats-Unis ont augmenté de 4%. Pour l’UE, Israël reste le plus grand marché indépendant du Moyen-Orient. L’Europe offre une diversité de pays et de sociétés dans des secteurs comme : la banque et les services financiers, l’énergie, la pharmacie, la chimie, les télécom, les assurances, l’agro-alimentaire, etc. Certains pays d’Europe semblent plus attractifs économiquement comme l’Angleterre, l’Allemagne, la France ou la Suisse (bien qu’elle ne fasse pas partie de l’Europe des 15). Concernant la France, la Chambre de commerce France-Israel aide à développer des affaires entre les deux pays. Son réseau comprend 250 membres. C’est une des Chambres de commerce les plus actives. Elle organise annuellement des rencontres économiques et technologiques, en relation avec la Chambre de commerce de Paris. Des commissions spécialisées existent dans l’immobilier, l’agrobusiness, les échanges universitaires, etc. Bien plus que la diplomatie, l’économie est le meilleur moyen de redorer l’image d’Israël à l’étranger.

  

Israel Magazine / Noémie Grynberg 2003

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