La communauté philippine en Israel : une main d’œuvre dévouée et fidèle

Parmi les travailleurs étrangers légaux en Israel, la communauté philippine semble la plus importante et compte environ 35.000 membres officiels, selon l’Ambassade. La plupart vit à Tel-Aviv, plutôt dans le sud de la ville (vers le marché Carmel, la gare routière) suivi de Jérusalem et de Haïfa où elle se renforce.

CardenasIl semble que les Philippins en Israel soient particulièrement bien organisés : organe de presse, associations sportives et communautaires, congrégations religieuses, etc. Depuis 2002, la Fédération de la Communauté Philippine en Israel (FFCI), sous l’égide de son ambassade à Tel-Aviv, chapeaute 23 organisations. Parmi elles, la ligue de Volleyball qui compte 19 équipes (12 féminines et 7 masculines), encadre des matchs amicaux et des tournois à travers le pays, notamment à Jérusalem et Tel-Aviv, pour récolter des fonds servant à financer divers projets comme la reconstruction d’une école à Bolinao (au nord-ouest de l’archipel). Au-delà des activités sportives, cette communauté asiatique organise aussi des concours de beauté qui aident à promouvoir la culture et la tradition d’origine, ainsi qu’à récolter de l’argent pour des programmes à destination des enfants. Ou encore, le FFCI met sur pied le Festival « Fleurs de mai ».

Grace Cardenas, responsable des Relations Publiques de la FFCI et Rédactrice en chef du mensuel Manila Tel-Aviv, enIsrael depuis 2003, explique que la migration économique des Philippins vers l’Etat hébreu a commencé au début des années 80. Aujourd’hui, cette communauté est la plus importante parmi celle des travailleurs étrangers. En général, ces résidents temporaires arrivent avec un visa longue durée de 5 ans mais peuvent rester dans le pays jusqu’à 20 ans parfois si leurs contrats se renouvellent. La plupart travaille comme soignant. C’est d’ailleurs le seul visa de travail qu’ils obtiennent. Durant leur première année en Israel, ils bénéficient de cours d’hébreu.
D’après Grace Cardenas, les Philippins choisissent de s’expatrier en Israel parce qu’avant tout, pour eux, ce pays représente la Terre Sainte (ils sont chrétiens). Ensuite, parce que financièrement, les conditions leur paraissent bonnes : ils paient peu de taxes, gagnent deux à trois fois le salaire moyen philippin (1000$/mois ici contre 300$ aux Philippines) et bénéficient de congés payés. En général, ils envoient la moitié de leurs revenus au pays car beaucoup ont de la famille là-bas.
A la fin de leur contrat ou à l’expiration de leur permis de séjour, nombre de Philippins souhaitent rester en Israel plutôt que de rentrer chez eux. Principalement parce que la vie leur plait ici : ils travaillent pour un relativement bon salaire, ont une vie sociale, tissent des liens intimes avec les familles dont ils s’occupent et éprouvent un sentiment de liberté. Certaines Philippines se marient avec des Israéliens et fondent une famille ici. Grace Cardenas avoue qu’elle-même préfère élever en Israel sa fille de 5 ans née ici car elle trouve l’environnement favorable et espère pouvoir rester dans le pays où elle se sent bien. D’ailleurs à ses dires, la communauté philippine s’intègre aisément et s’adapte volontiers. C’est pourquoi certains membres choisissent de devenir illégaux ou clandestins plutôt que de repartir au pays. Certains rêvent d’obtenir un statut de résident permanent qui leur permettrait de changer d’orientation et de trouver un emploi de « col blanc ». En effet, parmi ceux employés dans le secteur d’« aide à la personne », plusieurs sont diplômés.

Outres les soignants, depuis 2010, beaucoup d’étudiants Philippins viennent se former à l’agriculture en Israel, grâce au programme On-The Job Training (O. J. T.) qui vise à former et à orienter leur future carrière, ainsi qu’à développer leur savoir  D’ailleurs, les délégations de ce pays comprenant ingénieurs, forestiers, éleveurs, etc., sont les plus nombreuses dans les différents Collèges d’Israel : Tel-Hai, Ruppin et Kfar Siver. En partenariat avec la Western Philippines University, les stages dans les serres, les vergers et les champs israéliens visent à faire de ces étudiants asiatiques de véritables professionnels, forts d’un bagage théorique et pratique.


Noémie Grynberg / Israpresse 2015

 

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Date de dernière mise à jour : 31/08/2015

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