Lancement de l'''Opération Ethiopia'' pour les 20 ans de Sar El France

Le 4 avril, Sar El  France avec l’accord de l’ambassade d’Ethiopie à Paris et sous le haut patronage de l’ambassade d’Israël, lance l’’’Opération Ethiopia’’, dont le but est d’aider à l’immigration des 20.000 Falashmouras encore en attente et retenus dans des camps à Addis-Abbéba. Salle Gaveau, de nombreuses personnalités du monde du spectacle viendront soutenir le lancement de cette initiative.

 

Les buts de Sar El, association apolitique à but non lucratif née en 1982 suite à l’opération militaire israélienne ‘’Paix en Galilée’’, consistent à apporter un soutien concret et direct à Israël par le don de soi, à contribuer au renforcement de l’identité juive de la nouvelle génération et à créer un lieu d’échanges et de rencontres culturelles entre la diaspora et Israël par le volontariat civil en hôpital ou en base militaire, par des activités thématiques sur l’identité juive et Israël, par des visites guidées du pays ou encore par des week end organisés. En France, plus de 30.000 volontaires y ont déjà participé. En 2004, les Français représentaient 34% de l’ensemble des volontaires de Sar El, soit plus d’un tiers. 

 

Pour toute ressource financière, Sar El  ne dispose que des frais d’inscription et ne bénéficie d’aucune subvention.

Pour fêter ses 20 ans, la branche française de Sar El organise un grand gala le 4 avril, qui rassemble les acteurs et les sympathisants de cette action importante pour Israël et bénéfique pour ses échanges avec la Diaspora. Lors de cette manifestation, elle lance l’’’Opération Ethiopia’’, initiative qui débutera en juin prochain, dont le but est de financer l’action logistique en Ethiopie pour réaliser la alya des derniers Falashmouras. Sar El  accueille également médecins, avocats, ingénieurs bénévoles souhaitant se joindre à cette action humanitaire.

‘’Nous avons aujourd’hui une des dernières immigrations vers Israël, pour laquelle la Diaspora doit agir. Le volontariat civil représenté par Sar El soutient l’Agence Juive dans cette opération pour mieux recenser, connaître et répondre aux besoins réels des différentes associations impliquées dans cette cause’’ a indiqué Monsieur Jacques Benhamou, Président de Sar El.

En effet, depuis des années, l'immigration des Falachas a été la source de nombreux débats en Israël. Ces derniers déclarent être les descendants de juifs éthiopiens forcés à abandonner la religion juive pour se convertir au christianisme au 19e siècle, afin éviter la persécution.

On se souvient que lors des crises politiques et humanitaires qu'a connu l’Ethiopie en 1984 et 1991, l’Etat hébreu a lancé une grande opération militaire de rapatriement des Falashmouras par pont aérien vers Israël. Environ 85.000 à 90.000 juifs éthiopiens vivent aujourd’hui en Israël, dont 20.000 nés dans le pays. L’identité juive éthiopienne est une identité récente qui lutte encore pour la reconnaissance de son judaïsme.

 

Vingt ans après leur immigration et leur installation en Israël, les études publiées récemment indiquent qu’environ 47% de l’ensemble des Ethiopiens en âge de travailler (entre 25 et 54 ans) sont au chômage. Pour les femmes, la proportion atteint 38% pour la même tranche d’âge. Taux nettement plus élevé que la moyenne nationale ou que la population des agglomérations urbaines arabes ou de certaines villes nouvelles dites « de développement ». En général, c'est vers l'armée, les emplois manuels difficiles, la sécurité et les tâches subalternes qu'on retrouve les Ethiopiens sur le marché du travail.

Il faut savoir que cette population rurale est essentiellement de tradition orale, dont la structure sociale et culturelle se fonde sur les coutumes. Lors de son rapatriement humanitaire vers Israël, elle a soudain été confrontée à une société urbaine, occidentalisée, centrée sur l'écrit et le droit moderne.

L’immigration et l’intégration des Ethiopiens s’est donc heurté à plusieurs problèmes comme l’échec des politiques de logement qui a mené à une ghettoïsation et une marginalisation de cette population, ou l’échec de la politique d’éducation découlant des précédentes, qui a également mené à une ghettoïsation scolaire.

Les causes de ces échecs répétés sont probablement dues en premier lieu aux centres d’absorption où règnent bureaucratie, paternalisme et dépendance des Juifs éthiopiens envers ces administrations.

Mais la force de la communauté juive éthiopienne réside dans sa mobilisation et ses réseaux associatifs.

Malheureusement, un certain racisme anti-Ethiopiens a vu le jour en Israël depuis l’immigration de ces Juifs africains et persiste encore de nos jours.

 

20.000 nouveaux juifs éthiopiens en Israël d’ici 2007

Aujourd’hui, les immigrés éthiopiens demandant à ce que leurs familles et proches soient autorisés à les rejoindre en Israël. Mais dans l'incapacité de prouver leur judéité, de nombreux Falachas n'ont jusqu'à présent pas pu immigrer en Israël, bien qu'ils aient de la famille dans le pays.

En 2005, les choses semblent enfin se dénouer. D'ici la fin de l'année 2007, les responsables israéliens ont annoncé le lancement d'une opération de retour en Israël des derniers 20.000 Falashmouras sur une période de deux ans. De ce fait, le quota mensuel d'immigration va doubler, passant de 300 à 600 personnes, à partir du mois de juin 2005, dans le but de regrouper les familles éthiopiennes d'ici 2007.

‘’La décision du gouvernement israélien de rapatrier cette population nous a encouragé dans notre démarche à le soutenir‘’ a précisé Monsieur Jacques Benhamou. ‘’Notre action reste dans le cadre de notre association, à savoir, envoyer des volontaires, les premiers sur le terrain pour comprendre ce qui se passe. Ils vont recenser les besoins réels pour ensuite pouvoir mieux expliquer aux Juifs de France comment agir et y répondre’’ ajoute-t-il.

Pour cela, un budget conséquent élaboré par le Trésor israélien sera mis en place pour prendre en charge pendant un an les nouveaux immigrants, permettre leur accueil, permettre leur apprentissage de l'hébreu et préparer les meilleures conditions à leur insertion dans la société israélienne. Par ailleurs, l’Agence Juive assumera désormais la direction des centres communautaires existant à Addis-Abeba et à Gondar, qui sont les plus actifs d’Ethiopie.

Pour soutenir l’initiative de l’’’Opération Ethiopia’’, des personnalités juives et non juives du monde du spectacle seront présentes lors du gala du 4 avril. ‘’Parmi les non Juifs, parce que ce sont ceux qu’on retient le plus et ceux dont on apprécie l’amitié apportée à Israël : Bernard Lavillier et Francis Lalanne. Ce sont deux non Juifs très présents dans la communauté juive et qui nous montrent leur soutien. Les amis des Juifs aujourd’hui sont plus importants que les Juifs qui soutiennent les actions communautaires’’ a tenu à indiquer Monsieur Benhamou. Parmi les artistes juifs, seront présents les fidèles comme Gilbert Montagner, Enrico Macias, Shirel, Michel Boujenah et quelques autres. ‘’C’est une soirée pour fêter les résultats du bilan de nos 20 ans avec ceux qui sont partis en Israël pour aider : les volontaires’’ indique le Président de Sar El .

Espérons que cette grande soirée s’avère un succès tant pour l’avenir de Sar El, que pour l’’’Opération Ethiopia’’. En s’engageant dans le volontariat civil, les participants expriment par leur engagement sur le terrain, le lien profond qui relie la Diaspora à Israël. ‘’L’âme juive et l’identité juive revivent grâce à Sar El’’ conclut Monsieur Jacques Benhamou.

   

 

Noémie Grynberg / Israel Magazine 2005

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