Le boom de la fintech israélienne

Résultat de recherche d'images pour "fintech"Depuis une décennie, l'industrie mondiale du commerce électronique est en plein essor. Elle devrait dépasser les 4 milliards de dollars d'ici 2020, soit 14,6% de toutes les dépenses de consommation. Il n'est donc pas surprenant que les plateformes de paiement en ligne émergent comme l'un des domaines les plus dynamiques, couvrant un large éventail de technologies innovantes dans lesquelles Israël s’avère à la pointe.

A l'ère digitale, une grande partie de la technologie financière (fintech) vient d'Israël. Cette activité s'étend des portefeuilles numériques aux cryptomonnaies, en passant par les paiements biométriques. Une des raisons expliquant la hausse de l'utilisation des transactions via internet vient des progrès de la cybersécurité, champ dans lequel l’Etat hébreu figure comme le leader mondial. Ceci lui a permis de prendre de l'avance dans les échanges électroniques d'argent où la sécurité se révèle primordiale.
La fintech israélienne se place donc comme le champion des échanges en ligne et se voit reconnue pour exceller dans cette branche. Sa réputation a attiré quelque 650 millions de dollars de fonds cumulés en capital-risque pour les jeunes pousses du secteur des technologies financières. D’ailleurs, des institutions bancaires, de la Citibank à la Barclays, ont établi des laboratoires d'innovation et des accélérateurs en Israel. Ces dernières années, de plus en plus de banques et autres acteurs de fintech viennent y proposer des projets novateurs. Le pays compte ainsi plus de 500 startups de technologie financière qui développent des produits destinés aux opérations monétaires, allant de la banque numérique à la collecte de fonds. Ce qui change le monde de la finance. Parmi les entreprises israéliennes qui se concentrent sur les paiements en ligne, certaines connaissent un boum planétaire.
Fondée en 2010, Zooz, plate-forme basée à Raanana, agit essentiellement comme un dispositif de routage entre clients et fournisseurs. À ce jour, la société a levé quelque 40 millions de dollars, opérant principalement en Israël, en Europe et aux États-Unis, avec des clients prestigieux, de Gett Taxi à Burberry Luxury Brand.
Payoneer, créé en 2005, s'est imposé comme fournisseur de services de paiement depuis son entrée sur le marché. L'entreprise compte plus de 700 employés répartis dans 12 bureaux à travers les continents. Elle se targue de « permettre à des millions d'entreprises et de professionnels de plus de 200 pays de se développer à l'échelle mondiale en facilitant les paiements transfrontaliers ». Grace à ces solutions sécurisées et économiques, 4 millions d’utilisateurs des marchés développés et émergents peuvent désormais échanger des transactions financières internationales dans 150 devises différentes. La société a levé plus de 270 millions de dollars, en intéressant des géants de premier plan telles que Google, Airbnb, Amazon et Getty Images à utiliser la plateforme pour gérer leurs services de paiement. Payoneer, dont le siège social se trouve à New York, avec un centre de développement à Petah Tikva, se classe dans le top 100 des sociétés de services financiers d'Inc 5000 et a figuré sur la liste Technology Fast 500 de Deloitte (le plus important cabinet d'audit et de conseil au monde) pendant cinq années consécutives.
PayKey, une start-up fondée en 2014 à Tel Aviv, se différencie des autres en se concentrant exclusivement sur le mobile, permettant aux clients de transférer des fonds via les réseaux sociaux et de messagerie tels que Facebook, Twitter et WhatsApp. Payke donne aux utilisateurs la possibilité de compléter la gamme de services financiers par les paiements de personne à personne (P2P), l’enclenchement d’un « agent conversationnel » (logiciel programmé pour simuler une conversation en langage naturel), la vérification de bilan, le retrait sans carte depuis n'importe quel appareil mobile. La société a levé plus de 16 millions de dollars en trois ans auprès d’institutions financières et d’investisseurs mondiaux (Australie, Turquie, Colombie, Norvège) qui ont montré un intérêt sans précédent pour cette solution.

BioCatch, lui, offre des fonctionnalités de sécurité biométrique pour l'industrie du paiement en ligne. L'entreprise utilise plus de 500 mesures pour authentifier le comportement des utilisateurs. Elle fournit aux principales institutions financières les profils comportementaux des internautes afin de déceler fraudeurs, logiciels malveillants, chevaux de Troie à distance et autres menaces de cybersécurité. Depuis sa création en 2011, BioCatch a mobilisé 11,6 millions de dollars.
Au-delà des paiements en ligne, la fintech israélienne développe également d’autres outils. Par exemple, l'application OurCrowd a lancé à Jérusalem en 2013 sa plate-forme mondiale de marketing participatif en ligne (crowdsourcing) qui compte aujourd'hui un portefeuille de 110 sociétés et cinq fonds d'investissement dans lesquels 320 millions de dollars ont été investis. OurCrowd s'est classée parmi les 50 premières sociétés fintech établies sur la liste de KPMG (réseau international de cabinets indépendants, leader de l'audit et du conseil exerçant dans 152 pays) des 100 entreprises les plus prometteuses pour 2016 et compte maintenant sept bureaux dans le monde.

Fondé par des cadres israéliens, Lemonade bouscule aussi les assurances immobilières aux Etats-Unis. L’entreprise a déployé sa propre police ‘’habitation’’ dans 25 Etats américains. Elle revendique 90 000 assurés et compte se développer à l'international. La plate-forme mobile en réseau utilise l'apprentissage automatique ainsi que des agents logiciels automatiques ou semi-automatiques qui interagissent avec des serveurs informatiques (bots) pour vendre des assurances et gérer les réclamations. Lancé en décembre 2015 avec un investissement de 13 millions de dollars, Lemonade a réuni 34 millions de dollars un an plus tard. La société a remporté le prix du Meilleur nouveau démarrage de l'année aux Geek Awards de Tel Aviv en 2017, un concours annuel pour célébrer les entreprises innovantes locales.

Enfin, outre les start-ups proprement dit, The Floor, basé à la Bourse de Tel Aviv, est un centre d'innovation fintech mondial - un point d'accès privilégié aux technologies financières pour les principaux acteurs internationaux, les géants de l’innovation et les sociétés de capital-risque. The Floor coopère avec tous les intervenants de l'écosystème : banque numérique, marchés de capitaux, analyste de Big Data, technologie de stockage et de transmission d'informations sans organe de contrôle, paiements numériques, agents antifraude, intelligence artificielle, processus d’authentification. Ses partenaires représentent un groupe diversifié d'institutions financières de premier plan et d'acteurs clés de l'industrie (HSBC, Intel, Deutch Bank) désireux de coopérer avec les prodiges de la fintech israélienne.

Sans aucun doute, dans ce domaine de haute technologie aussi, Israel a su se montrer en quelques années, un acteur mondial incontournable.

 

Noémie Grynberg / Israel Magazine 2018

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Date de dernière mise à jour : 28/08/2018

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