Le Golan : des hauteurs indispensables à la survie d’Israël

golan.jpgLe plateau du Golan se situe entre 500 et 1.000 mètres d’altitude. Il s'étend au sud du mont Hermon et domine de 400 à 500 mètres la plaine du Jourdain à l'ouest. Au sud, il est bordé par la rivière du Yarmouk. A l'est, il domine la plaine basaltique du Hauran. Son climat est favorable à l’agriculture grâce aux précipitations (de 500 à 700 mm par an). La désignation actuelle du Golan vient de la ville biblique qui portait ce nom.

Période biblique
Dans la Bible, les hauteurs du Golan sont évoquées dans le livre de la Genèse lors de l’Alliance entre dieu, Avraham et le peuple d’Israël. Le plateau y est appelé région du Bashan. A l’époque du premier Temple, la tribu de Ménassé s’y installa et devint une ville refuge. Au temps des Rois, c’est là qu’eu lieu la victoire des armées syriennes contre Ahab, monarque d’Israël. Au retour de l’exile de Babylone, les Hébreux se réinstallèrent dans le Golan. Mais les communautés juives étaient attaquées par les populations locales. Juda le Maccabéen lança une expédition pour secourir ses coreligionnaires et les délivra. A l’époque hasmonéenne, le roi Alexandre Yanai conquit le Golan et le peupla d’Hébreux. Depuis lors, une présence juive continua d’y exister sans discontinuer pendant 700 ans. La capitale du district fut la ville de Gamla. A la période talmudique, les localités juives du Golan fleurirent et s’étendirent. Les archéologues ont trouvé pas moins de 15 anciennes synagogues datant de cette époque ainsi que les restes d’une maison d’étude.
A l’ère byzantine, les cités juives s’intensifièrent et s’enracinèrent dans le Golan, ce qui empêcha l’établissement d’églises dans la région. Le plateau considéré comme faisant partie d’Israël, les lois bibliques devaient s’y appliquer. Mais à la conquête arabe, les villes juives disparurent et le Golan devint un pays de nomades et de brigands.

Période moderne
Au 19e siècle, le mouvement sioniste reconsidéra le Golan. Les habitants de Safed et Tibériade comprirent l’importance de la région pour le pays, de son repeuplement et prirent une part active dans sa réhabilitation. Plusieurs parcelles de terrains furent achetés par le Congrès Sioniste Mondial et le Baron de Rothschild. A la fin du 19e siècle, les immigrants de la Première Alya construisirent cinq implantations mais furent expulsés par les Turcs en 1898. Suite à cette éviction, la terre fut administrée en ferme jusqu’en 1947. Les Juifs des deux premières Alyot qui s’implantèrent dans le Golan avec l’aide de l’Organisation Sioniste demandèrent que la région soit incluse dans les frontières du foyer national juif. Après la Première Guerre Mondiale, la Palestine sous Mandat britannique, comprit le Golan. En 1923, la région fut transférée à la France qui exerçait son mandat sur la Syrie, en échange du nord de l’Irak riche en pétrole. Ce troc se fit entre deux puissances coloniales et n’avait donc rien à voir avec une quelconque souveraineté nationale ou légitimation internationale.
Après la Guerre d’Indépendance, la région fut confisquée par le gouvernement syrien. Pendant 19 ans, elle servit essentiellement de tremplin aux attaques et harcèlements contre Israël. Durant cette période, Damas enfreint plus de 400 cessez-le-feu.
Il fallut attendre 1967 et la victoire israélienne de la Guerre de Six Jours pour que le Golan soit libéré du joug syrien. Le territoire fut annexé c’est-à-dire passé sous souveraineté (autorité) israélienne. Désormais, il fut administré par le gouvernement hébreu. En quelques années, ce territoire fut habité du nord au sud et se transforma en bastion de gardien de la paix sur la frontière israélo-syrienne. Aujourd’hui, on compte plus d’une trentaine de localités dont 10 kibboutzim agricoles et 19 mochavim. La ville de Katsrin accueille le conseil régional.
En décembre 1981, sous le gouvernement Béguin alors Premier ministre, la Knesset ratifiait à la majorité de 63 voix contre 21 la ‘’Loi sur le Golan’’ qui entérinait l’application des lois du pays à cette région. Elle stipulait entre autre que le Ministre de l’Intérieur est en charge de l’application de la loi et des consignes d’application.

Données géographiques
La région du Golan fait 1.158 km2. La frontière avec la Syrie est longue de 80 km. Le plateau domine la plaine de Damas à l’Est, le sud Liban et la vallée du Hulé à l’ouest. Sous contrôle israélien, le mont Hermon, le point le plus haut du Golan culmine à 2.224 mètres d’altitude. 21% de la totalité de la région, soit 246 km2 sont des réserves naturelles.
La population juive est de 18.000 résidents contre 17.000 Druzes.
Le Kinnereth fait 2.700 km2 et a une capacité de 610 à 900 millions de mètres cubes. Il est considéré comme la ‘’banque d’eau’’ du pays. D’ailleurs, les usines de la société Mei Eden sont situées à Katsrin. Ainsi le lac de Galilée constitue un des réservoirs hydrauliques importants du pays, soit 30% du total de l’approvisionnement. D’où l’importance pour Israël de garder le contrôle sur cet élément vital.

Economie
Depuis plus de 25 ans, les Israéliens du Golan ont investi d’énormes efforts pour faire fleurir la région qui connaît un développement agricole intensif. Les exploitations agraires couvrent 80 km2. Elles représentent la principale activité économiques avec plus de 700 unités. On y cultive 35.000 tonnes de fleures dont des tulipes, des plantes subtropicales, des vergers d’agrumes, des vignes, des légumes (tomates, oignons) et des fruits tels les mûres, framboises, pommes, poires, pommes-golan.jpgprunes, abricots, nectarines, bananes, avocats, cerises et mangues. Une grande partie de la production est destinée à la consommation locale. Le Golan compte aussi des cultures de coton et de mais.
40% de la région sont destinés au pâturage. Le Golan contient des élevages bovins (5.000 têtes pour le lait et 10.000 têtes pour la viande), ovins (oies et dindes), et caprins (10.000 têtes de moutons et chèvres). Les usines de stérilisation laitière sont sises à Katsrin. La production annuelle de lait s’élève à 60 millions de litres. Tout le secteur agricole rapporte 500 millions de shekels par an dont 70 à l’exportation.
Outre l’agriculture, le tourisme est une source importante de revenus pour la région qui compte un millier de chambres. Beaucoup d’attractions ont été développées : station de ski en hiver, réserves naturelles ouvertes au public, musées, sites historiques et archéologiques. Plus de 2 millions de visiteurs se pressent chaque année dans le Golan. Le tourisme rapporte 150 millions de shekels chaque année.
L’industrie technologique n’est pas en reste. Une trentaine de compagnies médicales, chimiques, plastiques et environnementales sont installées dans la région. Le Golan accueille aussi de l’industrie lourde : armement, câbles, machinerie, électro-optique, emballage alimentaire, revêtements muraux, etc. L’ensemble de cette branche rapporte 696 millions de shekels annuels.

L’aspect sécuritaire
En 1988, une étude militaire sur la situation sécuritaire d’Israël publiée aux Etats-Unis indiquait concernant le Golan : ‘’Israël n’est pas dans l’obligation – légale, politique ou morale – de le rendre… Les missiles, l’artillerie et les avions peuvent causer beaucoup de dégâts mais ne peuvent pas maintenir le contrôle d’un territoire. Seule l’infanterie et les blindés peuvent envahir mais ces forces sont vulnérables aux frontières naturelles…’’
Aujourd’hui, la Syrie est en possession d’au moins mille missiles balistiques dont des SS21 à courte portée (70 km), des Scud B de moyenne portée (300 km) et C (600 km). Ces engins imprécis peuvent atteindre n’importe quelle localité israélienne lord de bombardements. Cependant, ils ne sont pas suffisants pour parvenir à une victoire conventionnelle. Pour gagner, Israël doit impérativement avoir des forces terrestres qui occupent les points stratégiques. Mordehai Gur, ancien chef d’Etat-Major écrivait en 1998 : ‘’Sans les hauteurs du Golan, Israël ne peut pas se défendre contre une menace venant de l’est’’. Ainsi, sans cet espace, tout le nord du pays serait totalement exposé aux éventuelles attaques syriennes mais aussi irakiennes ou même iraniennes. Sans ce plateau, Israël se trouverait dans une extrême infériorité militaire par rapport à ses voisins. En matière sécuritaire, Israël ne doit dépendre que de lui. Les hauteurs du Golan représente une valeur essentielle au niveau défensif et sécuritaire en tant que moyen de dissuasion stratégique contre toute agression.
Avec la Syrie qui cherche à se réarmer auprès de la Russie, qui renforce ses relations avec l’Iran et continue à contrôler le Liban, Israël se sent directement menacée par son voisin du point de vue militaire et sécuritaire. En contrôlant le Golan, Israël s’assure une position stratégique vitale face à la Syrie et Tsahal, un avantage substantiel en tant que moyen de dissuasion. Dominant cette position, l’armée israélienne est ainsi capable de déjouer de potentiels assauts et d’empêcher des attaques de Scud, la capitale syrienne ne se trouvant qu’à une soixantaine de kilomètres.


Noémie Grynberg 2008

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Commentaires (1)

Mister

Votre analyse est bon, que le Golan est indispensable pour Israël.

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Date de dernière mise à jour : 15/10/2013

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