Le “Peuple du Livre” : des statistiques qui ne se démentent pas

Selon les chiffres, les Israéliens restent le “Peuple du Livre”. En effet, ils achètent en moyenne 6 ouvrages par an, ce qui les classe en tête de la plupart des pays occidentaux. La Semaine du Livre est l’occasion de faire le point sur ce phénomène littéraire.

Paradoxalement, en Israël, à l’heure de l’informatique et de la hi-Tech, le secteur de l’édition littéraire se porte bien. Il souffre même de surproduction. Du coup, le nombre moyen des tirages s'en ressent : il a été divisé par 10 par rapport au passé.
Cela n’empêche pas la vente de quelques 35 millions de livres par an. Chaque année, environ 6000 titres sont publiés en hébreu (89% des publications selon Ynet) dont 400 titres traduits auxquels il faut ajouter 500 titres en anglais, près de 200 en russe et plus d’une centaine en arabe. Il faut préciser que malgré un marché restreint, les lecteurs israéliens ont souvent la possibilité de lire dans plusieurs langues.

Sur l’ensemble des parutions annuelles, 24 % sont d’ordre religieux. Mais ces livres ne sont pas toujours commercialisés ou diffusés par les canaux habituels de distribution. Malgré cela, le secteur a enregistré dernièrement une augmentation de 17% des exportations de livres religieux et de Kabala, dont 60% vers les Etats-Unis et 30% vers l’Europe.
La littérature israélienne, elle aussi, s’exporte bien. Selon l’Institut pour la traduction de la littérature hébraïque, elle est déjà traduite dans plus de 60 langues. Cependant, elle le reste majoritairement en anglais (40%), puis en allemand, en espagnol, en français, en arabe, en russe et en italien (40%), les 20% restants représentent l’ensemble des autres langues. Les grands noms de la littérature hébraïque sont évidemment les plus traduits. Leurs livres sont vendus en 34 langues.

En Israël, on recense 1452 maisons d’édition (dont un tiers d’éditeurs religieux). Une vingtaine de grandes maisons généralistes se partagent 50 % des titres mis en vente et une centaine de plus petites sortent 20 à 80 titres par an. Le chiffre d’affaires de l’édition israélienne s’élèverait à deux milliards de shekels. A l’échelon national, pendant de la Semaine du Livre, les éditeurs réalisent à peu près 10% de leurs ventes annuelles.

Pourtant, le livre reste un produit cher en Israël : son prix moyen tourne autour de 55 shekels. Cependant, le coût varie selon les genres. Ainsi, en littérature il faut compter environ 80 shekels  et 50 shekels pour un livre de jeunesse. C’est pourquoi, la plupart des librairies proposent des promotions. Néanmoins, de nombreux professionnels se plaignent de l'absence de législation régissant le marché du livre. En effet, contrairement à la France, en Israël il n’existe pas de seuil minimum fixant le prix plancher des ouvrages. Ce qui engendre une concurrence déloyale entre grands et petits éditeurs. Effectivement, les grandes maisons peuvent se permettre d’offrir des rabais, chose impossible pour les petites maisons. Malgré les protestations des professionnels de l’édition, le gouvernement a maintenu le taux de TVA sur les livres à 15,5%, (équivalant au taux général).

Précisons également que 60% du lectorat israélien sont des femmes et les moins de 29 ans. Sur ce, 55% des Israéliens sont des lecteurs réguliers. Parmi les CSP +, le pourcentage monte à 72-76%. 27% du public adulte lisent en moyenne au moins un ouvrage par mois. Par contre, seuls 11% des jeunes bouquinent.

Enfin, nouveaux venus, les e-books ou livres électroniques représentent 11% du marché. Mais ses lecteurs ne sont que 3,25% du lectorat national dont 66% de femmes. Côté hommes, ils sont plutôt jeunes, de 30 à 39 ans, ayant un haut niveau d’éducation. Les 96,75% restant continuent à préférer le livre traditionnel surtout chez les plus de 40 ans.
Moins florissant que son concurrent papier, le marché du e-book ne génère en Israël pour l’heure que 10 millions de dollars. Il faut dire que le livre électronique est vendu environ 900 shekels et que seuls 1000 titres hébreux sont sortis à ce jour en digital. Toutefois, les prévisions prédisent une augmentation de 2,9% sur 3 ans pour la vente des e-books.
En attendant, selon GSM Israël, à l’occasion de la semaine du Livre, une nouvelle application électronique permet désormais d’acquérir et de lire facilement des ouvrages digitaux en hébreu aussi bien pour adultes que pour enfants sur Ipad et Iphone. Le plus : la possibilité d’agrandir ou de diminuer les caractères du texte et de jouer avec la luminosité de l’écran.


Noémie Grynberg 2011

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