Les réformes du logement

Après un refus prolongé du Premier ministre Netanyahu concernant le logement subventionné, fin juillet, il s’est finalement rétracté. En effet, devant l’ampleur des manifestations populaires, le chef du gouvernement a promis une diminution des loyers, y compris dans le centre de Tel-Aviv. A l'ouverture du Conseil des ministres du 31 juillet, Benjamin Netanyahu a annoncé la création d'une équipe interministérielle chargée de réfléchir à des réformes sociales afin d’alléger le poids financier qui pèse sur les citoyens. "Nous devons agir avec sérieux et responsabilité pour changer l'ordre des priorités dans le domaine économique" a ajouté M. Netanyahu, qui a demandé à cette équipe d'organiser une "table ronde à laquelle seront conviés des représentants des différents secteurs de la population". Or Selon David Knafo, planificateur urbain, en Israël fonctionnent aujourd’hui efficacement  six commissions régionales de planification et de construction, comme le préconise la loi. Ainsi, une nouvelle commission ne ferait que retarder de plusieurs mois les procédures d’autorisation de bâtir à savoir, plus de bureaucratie et plus de main d’œuvre.

Rappelons que mi-juillet, la commission commune de l’Intérieur et de l’Economie du Parlement avait déjà  autorisé l’édification de 50 mille logements dont une partie destinée à location.

La décision du chef du gouvernement d’un plan d’habitations sociales devrait être incluse dans les perspectives de sa réforme du logement : accélération de la construction, réforme de l’administration foncière et des procédures de planification et de construction, accessibilité de la périphérie, aide à l’acquisition d’appartement pour les jeunes, levée des blocages bureaucratiques, vente étatique de terrains aux constructeurs. De plus Netanyahu promet de réduire le prix de vente des sols administrés par l’Etat et d’initier l’édification d’appartements à bas prix pour la location. Les entrepreneurs qui s’engagent à acheter de tels appartements obtiendront une remise de 25 à 100% sur le prix du terrain. Le Premier ministre a aussi promis d’offrir gratuitement des espaces constructibles en vue d’y ériger 10 mille unités de logement pour étudiants. Selon Netanyahu, la raison actuelle de la cherté des appartements réside dans le manque d’offre. Il est persuadé que si le marché est pourvu en terrains, les lois de l’offre et de la demande feront que les prix se stabiliseront. Et la raison principale selon laquelle il y a manque de logement est la lenteur à laquelle s’administrent les ventes des terrains et les procédures de planification et de construction. C’est pourquoi le chef du gouvernement déclare que ses réformes baisseraient les prix.

Or il s’avère que la majorité des propositions de Netanyahu sont des recyclages de mesures qui existent déjà mais non obligatoires. Du reste, selon les experts, le plan du Premier ministre est insuffisant et tardif. Ils ne comprennent pas non plus la logique de ne proposer qu’aux étudiants des appartements à loyers bas au lieu de proposer à l’ensemble des citoyens des loyers raisonnables.
Encore, d’après certains entrepreneurs, les ‘’nouvelles’’ propositions du Premier ministre ne baisseraient pas les prix des appartements de 50% étant donné que la technique invoquée fonctionne déjà dans les appels d’offres. D’autre part, les projets de construction de logement abordable n’ont pas été mis en chantier à cause de l’opposition des autorités locales. Quelques promoteurs ont ainsi proposé à plusieurs mairies des résidences bon marché mais la réponse a été négative. Ainsi, la mise en chantier de 120 mille appartements dans une dizaine de villes est bloquée depuis des mois et si ce n’est des années auprès des administrations locales qui n’accordent pas de nouveaux permis.

Au demeurant, la méthode bancaire auprès des entrepreneurs est la suivante : les établissements prêteurs prennent en garantie les terrains en tant que capital personnel des constructeurs en échange d’un crédit pour financer leur projet. Si les entrepreneurs achètent des terrains bon marché, leur valeur officielle auprès des banques sera basse. Ces dernières ne pourront pas se contenter du terrain comme gage de capital privé et demanderont par conséquent au constructeur d’ajouter à son avoir foncier un supplément en liquide. Cette situation risque également de retarder la construction de logements.

Les réformes demandées par la colère populaire impliqueront forcément une augmentation des dépenses publiques puisque les Israéliens réclament le retour de l’Etat social.


Noémie Grynberg 2011

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