Politique : de père en fils

La politique : une histoire de famille ?

Alors que l’on vient de fêter le 59e anniversaire de la Knesset, le parlement israélien, même en démocratie, le pouvoir est-il affaire de filiation ? La politique serait-elle une grande famille ? S’il existe certaines lignées notoires, ce phénomène est-il vraiment préoccupant et porte-t-il atteinte aux valeurs démocratiques du pays ? Comme dans d’autres domaines, la politique peut se révéler parfois un héritage trans-générationnel.

Il semble que les liens familiaux soient à l’origine de plusieurs vocations politiques en Israël : certains noms célèbres le confirment comme Moshé et Yael Dayan, Haim et Isaac Herzog, Mordehai et Ehud Olmert ou encore Ariel et Omri Sharon. On peut ainsi compter des dizaines de liens de parenté à différents niveaux parmi nos parlementaires (mari/femme, frère/sœur, belle-famille, cousins) et plus d’une vingtaine de successions père-fils. Cette ‘’hérédité’’ se retrouve dans quasiment tous les partis existants actuels sauf à Shass. Dans la majorité des cas, les fils suivent les traces de leur père, c’est-à-dire milite dans le même parti et reste fidèle au même idéal politique. Les quelques exemples cités ci-dessous, figures très connues ou moins connues de la politique israélienne, en sont une illustration.

Moshé et Ouzi Baram : père originaire de Russie, membre actif de la Hagana dès son alya en 1931. Devient membre de la ‘’Jeunesse socialiste’’ puis travaille à l’Agence Juive dès 1934. Intègre le Mapai en 1938 dans la section de Jérusalem. Elu député Avoda et membre de différentes commissions de la 4e à la 8e Knesset, de 1959 à 1977. Ministre du Travail et des Affaires sociales dans le 17e gouvernement (1977). Ouzi : fils tsabar : 20 ans à la Knesset, de 1981 à 2001. Elu député Avoda et membre de différentes commissions. Ministre du Tourisme et des Affaires intérieures dans les 25e et 26e gouvernements (1995).

Menahem et Zeev Benyamin Begin : père originaire de Russie, rejoint le Bétar en Pologne. En 1948, crée le mouvement Hérout (droite nationaliste) et le dirige jusqu’en 1983. Parallèlement, prend la tête du Likoud. Député Hérout puis Likoud dans les 10 premières Knesset et membre de différentes commissions (1951 à 1984). De 1967 à 1970, ministre sans portefeuille. De 1977 à 183, plusieurs fois ministre dans différents ministères et deux fois Premier Ministre. Zeev : fils tsabar : député Likoud et membre de la commission des Affaire Etrangères et de la Défense de 1992 à 1999. Ministre des Sciences en 1997. Puis, décide de se retirer de la politique.

Daniel-Yitzhak et Yitzhak Lévy : père originaire d’Espagne. Participe à l’immigration clandestine vers Israël. Député Mafdal et membre de différentes commissions parlementaires de 1969 à 1973. Yitzhak : fils  né au Maroc : élu député Mafdal depuis 1988. Membre de différentes commissions et lobbies. Plusieurs fois ministre entre 1998 et 2004. Toujours actif.

 

Yaakov et Eliezer Mizrachi : père né à Rehovot. Député Agudat Israël de 1972 à 1973. Eliezer : fils né à Rehovot : élu député Agudat Israël puis Geulat Israël de 1988 à 1992. Ministre de la Santé en 1990.

Cependant, il ne faudrait pas croire que la démocratie israélienne ne soit qu’une affaire d’oligarchie. Sur les 120 parlementaires de l’Assemblée, actuellement seuls 7 d’entre eux sont les fils ou fille de… Soit 5%. Il ne faut donc pas dramatiser la situation. Ceci indique que dans la majorité des cas, les enfants des hommes politiques ne se destinent pas automatiquement à la même carrière. Certains restent anonymes, d’autres se font un nom dans un domaine différent, comme par exemple Yair Lapid, fils de Tomi (Yossef) du parti laïc Shinoui (changement en hébreu), dans le monde de la télévision. Quant au fils de Teddy Kolek, ancien maire de Jérusalem, il fait carrière dans le cinéma aux Etats-Unis.

Il existe aussi des cas de ‘’dissidence’’. Celui de Yossef et Avraham Burg semble le plus dramatique. Alors que le père, originaire d’Allemagne, est élu député du Front Religieux Uni à la 1e Knesset, puis du Poel Mizrahi à la 2e Knesset et enfin du Mafdal de la 3e à la 11e Knesset (1955 à 1988), siège dans différentes commissions par intermittence, est nommé plusieurs fois ministre entre 1955 et 1986, son fils milite au sein du parti Avoda, est élu 4 fois député de gauche de 1988 à 2004, siège par intermittence dans différentes commissions parlementaires mais surtout devient le porte-parole du post- sionisme et pousse son idéologie jusqu’à quitter le pays et se ‘’réfugier’’ en France.

 

Noémie Grynberg 2008

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