L'Iran dans la course aux nanotechnologies

Depuis 2009, l’Iran est devenu un outsider très sérieux dans le secteur des nanotechnologies. La République Islamique appartiendrait en effet au club très fermé des 10 pays maîtrisant la science moléculaire, ce qui la placerait en leader régional dans cette discipline.

Depuis une décennie, plusieurs pays se sont lancés à corps perdu dans la recherche moléculaire débouchant sur les nanotechnologies applicables à des nombreux champs industriels, énergétiques, médicaux ou militaires.
Parmi eux, l’Iran affiche sa volonté de prendre le leadership régional sur les plans scientifique et industriel, avec des ambitions de visibilité et de reconnaissance mondiale. Dans le domaine nanotechnologique, la République Islamique a identifié des secteurs clés comme le traitement de l’eau et des hydrocarbures, l’énergie solaire, les usages médicaux et chimiques, les céramiques et l’électronique. Ces applications peuvent déboucher sur l’optimisation de l’arsenal militaire iranien ou de son programme nucléaire.

Dès le début de 2001, l'Iran a entrepris de s’investir sérieusement dans le développement de ses activités en nanotechnologie. A cet effet, l’Iran Nanotechnology Initiative (INI) a été créé en août 2003. Le premier plan national de développement des nanotechnologies, intitulé «Un avenir stratégique» a été introduit en juillet 2005. Le plan d'action prévu de 2005 à 2014, définit la stratégie des activités à court terme (deux ans), moyen terme (cinq ans) et long terme (dix ans). Un de ses principaux objectifs est de faire de l’Iran l’un des 15 premiers pays pilotes en nanotechnologie et d’améliorer cette position afin de doper le développement économique souhaité. Par exemple, l’INI a présenté comme l’une de ses grandes priorités le traitement de l'eau ou son programme national axé sur le secteur agricole.

À l'heure actuelle, plus de cinquante entreprises travaillent dans le domaine des nanotechnologies. La moitié d’entre elles seraient en phase de production massive et les autres seraient au stade de la commercialisation du produit final. Ainsi, l’Iran fabriquerait aujourd’hui des nano-poudres pour l’électronique, l’optique, l’usinage de pièces mécaniques, l’énergie ou encore le domaine médical et réaliserait des nanotubes de carbones pour les nanocomposites à partir de nanoparticules.
L’Iran ne travaille pas seul. Ses coopérations en nanotechnologie sont en effet nombreuses : avec la Malaisie, le Pakistan, l’Inde, la Russie ou la Turquie. Ainsi, la République Islamique serait aujourd’hui l’un des principaux acteurs mondiaux dans le domaine des sciences moléculaires avec plusieurs dizaines de sociétés actives à l’international et une centaine de laboratoires de recherches nano comptant des milliers de chercheurs dans tout le pays. L’Iran serait aujourd’hui l’un des leaders mondiaux en matière de cellules souches et procèderait depuis des années à des opérations de clonage de mammifères dans le cadre de plans gouvernementaux.
De fait, une dizaine d’universités à travers le pays seraient impliquées dans le champ des sciences moléculaires En effet, l’élite des étudiants iraniens essaimerait dans les meilleures universités et centres de recherche européens, américains et asiatiques. D’ailleurs les scientifiques iraniens seraient déjà parvenus à développer leur premier produit commercial moléculaire : un antibactérien puissant ayant un potentiel d’application dans l’industrie alimentaire.

La République Islamique est aussi l’un des principaux membres actifs du Comité de standardisation nanotechnologique. Dans ce cadre, elle a proposé une codification des normes internationales dans la classification des nanomatériaux.

Une vitrine de pointe
Selon Dominique Bourra, Directeur de NanoJV, ces derniers mois, l’Iran a accueilli 2 événements majeurs. En novembre, l’«Iran nano 2009», le deuxième important salon international iranien des nanotechnologies dans tous les domaines industriels, a présenté 200 exposants nationaux et internationaux candidats aux transferts de technologies. Téhéran y a démontré son savoir-faire avec par exemple des nanotubes et des nanoparticules, stratégiques pour l’industrie. Les avancées iraniennes en nano portent également sur le secteur militaire, notamment sur les aspects liés au nucléaire (les nano-diamants par exemple, trouvent l’une de leurs applications-clés dans les lubrifiants pour les centrifugeuses), à la miniaturisation ou encore aux nano-robots.
De plus, en mars dernier, trois cents spécialistes, étoiles montantes et élite des nanosciences iraniennes, se sont réunis sur l’île de Kish, au cœur du Golfe Persique. Lors de cette conférence sur les nanostructures, entre 200 et 300 chercheurs de haut niveau ont rencontré nombre de leurs homologues étrangers venus de tous les continents. L’objectif de ce rendez-vous scientifique de pointe visait à lancer des programmes de recherches académiques internationaux. Ces échanges seraient la base des transferts de technologie les plus efficaces, souvent à l’avant-garde des connaissances scientifiques.
L’événement, assez discret, s’inscrirait dans la stratégie de créer une plate-forme de coopération avec le reste du monde dans les secteurs scientifiques et technologiques clés.

Un essor fulgurant
Depuis 2001, l'Iran, classé 52e avec seulement 0,08% du total des recherches dans la nanotechnologie, serait passé en 2007 à 0,79% de la recherche moléculaire. La République Islamique s’est ainsi classée 25e et tiendrait le premier rang parmi les pays islamiques et ceux du Moyen-Orient.
Ce classement montrerait que l'Iran a eu la plus forte croissance avec une moyenne de 80,2% dans la création de la science des nano.
Ainsi,  la République Islamique a vite compris l’intérêt des nanotechnologies et miserait sur leur développement pour propulser son économie au cours de la prochaine décennie. En quelques années, le pays s’est hissé à la 15e place mondiale pour la maîtrise scientifique et industrielle de l’infiniment petit, avec à la clé des applications civiles et militaires quasi illimitées.

L’essor de la maîtrise technologique iranienne de pointe a de quoi inquiéter Israël et au-delà, le monde entier.


Noémie Grynberg / Israel Magazine 2009

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Commentaires (2)

Dominique Bourra
  • 1. Dominique Bourra (site web) | 27/06/2010
Bonjour Noémie,
j'apprécierais que vous citiez vos sources, notamment concernant ce papier sur les nanos en Iran (en plaçant un lien par exemple).
Par avance merci.
Bien à vous.
DB.
seotons
Merci pour l'article :)

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