Une nouvelle chaîne de télévision est née

Depuis 2 mois, le paysage audiovisuel israélien s’est élargi grâce au lancement d’une nouvelle chaîne nationale commerciale, Aroutz 10, diffusant sur le réseau hertzien. Conçue pour devenir une des chaînes centrales, qu’en est-il vraiment ? Il est encore trop tôt pour dresser un bilan mais on peut d’ores et déjà livrer, après analyse de ses programmes, quelques impressions.

 

Aroutz 10, la nouvelle chaîne, émet depuis le 28 janvier dernier sur le canal dix du câble et du satellite. Elle a reçu la permission de diffusion de l’équivalent de la Haute autorité pour la télévision et la radio.

Au départ, cette chaîne devait se partager entre les 2 gagnants de l’appel d’offre. Mais concrètement, à cause de problèmes juridiques, Aroutz 10 n’a commencé à diffuser qu’avec un seul opérateur. En mai 2002, le second opérateur devrait rejoindre la chaîne.

Chacun d’eux est sensé diffuser la moitié de la semaine avec une alternance pour le samedi. Le cahier des charges avait pour but :

 1) d’ouvrir à la concurrence le marché télévisuel –

 2) de mettre fin au monopole de la deuxième chaîne pour la publicité

 3) d’élargir la diversité des programmes pour les téléspectateurs

 4) d’encourager la production locale –

 5) enfin de fixer de nouveaux standards de conditions de production.

Ce même cahier des charges prévoit la répartition suivante :

- 117 heures par an pour les drames et documentaires de qualité supérieure qui doivent représenter au moins 40 % de la production locale.

- La publicité par jour ne peut pas dépasser 10 % du temps d’antenne par 24 heures et jusqu’à 12 minutes par heure y compris les bandes annonces.

L’intention était de créer une chaîne de qualité qui soit une alternative à la 2e chaîne, de présenter des programmes différents et de proposer une programmation  nouvelle du journal du soir (19 heures au lieu de 20 heures ou 21 heures pour les 2 autres chaînes nationales) ainsi qu’un prime-time de 19 heures à 23 heures offrant uniquement des productions en hébreu.

Aroutz 10 voulait également changer et encourager l’émergence de nouvelles forces tant sur le plan humain que sur le plan du contenu et du style.

Mais depuis le lancement de Aroutz 10, l’audience ne décolle pas car le public n’apprécie que très modérément le modèle proposé. Du coup, la chaîne a du mal à vendre son espace publicitaire.

Finalement, les premières ambitions de la 3e chaîne se voient révisées à la baisse. Trois raisons principales à cela :

1) Aroutz 10 a débuté dans une période particulièrement difficile du point de vue social et politique. Les Israéliens sont très préoccupés de ce qui se passe autour d’eux et ne sont pas ouverts à de nouveaux produits.
2) Les autorités compétentes ont sous-estimé la force du monopole de la 2e chaîne.
3) Certaines erreurs de gestion concernant la grille des programmes, le lancement de la chaîne dans le public et sa promotion au sein des annonceurs.

 

En fait, ce qui devait se présenter comme une alternative à la deuxième chaîne commerciale se révèle n’être qu’une pâle copie, une Aroutz 2 bis.

En mars 2002, Aroutz 10 a revu à la baisse ses ambitions et diffuse des programmes à l’essai pour 6 mois. Il faut donc patienter et voir comment la chaîne sortira de ce mauvais pas.

En attendant, nous lui souhaitons bonne chance et réussite dans sa mission car le paysage audiovisuel israélien en a bien besoin.

 

 

 

© Noémie Grynberg 

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